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BIM : A quels risques la microfinance est-elle le plus =??b?ZXhwb3PpZQ==?= ? =??b?RW5xdep0ZQ==?= Banana Skins 2009En avril 2008, nous vous présentions les conclusions du premier rapport sur les risques perçus en microfinance (« Microfinance Banana skins 2008 »), issu dune enquête effectuée par le CSFI (Centre for the Study of Financial Innovation), groupe de réflexion à but non-lucratif sintéressant à lavenir international de la finance. Lédition 2009, parue en juillet, donne loccasion de constater à quel point les perceptions du risque se sont modifiées depuis début 2008. Cette nouvelle enquête montre que « la crise financière sest transformée en une récession économique à laquelle nul ne peut échapper, pas même le secteur de la microfinance, qui pourtant, il y a environ un an, donnait à de nombreux observateurs limpression quil était plus ou moins isolé des vicissitudes de la finance traditionnelle ». Face au risque de crédit, à lassèchement des liquidités, à la récession mondiale et au surendettement, les risques perçus comme majeurs en 2008 qualité des dirigeants dIMF, problèmes de gouvernance, réglementation semblent très modestes. Tout comme le précédent, ce nouveau rapport sappuie sur une enquête visant à recueillir la perception dun échantillon international de praticiens, dinvestisseurs, de responsables de la réglementation et dobservateurs du secteur sur les risques auxquels est confronté le secteur de la microfinance. Ces risques sont classés par ordre dimportance. Lenquête a été réalisée en avril et en mai 2009 et ses conclusions sont fondées sur 430 réponses provenant de 82 pays et dinstitutions multinationales. La conclusion principale est que la crise économique a complètement transformé les perceptions associées aux risques de la microfinance : des risques jugés mineurs dans lenquête 2008 ont été propulsés en tête du classement, devançant des risques qui semblaient auparavant cruciaux pour les perspectives de la microfinance. Dune manière générale, ces nouveaux risques peuvent être répartis entre trois « groupes » de vulnérabilité pour les IMF : - laggravation de la conjoncture économique - les menaces associées au financement et à la liquidité - la détérioration potentielle de la réputation de la microfinance Les risques présentant laugmentation la plus marquée comprennent le risque lié au crédit (qui a bondi du 10e rang au 1er rang) et linsuffisance de financement (qui passe du 29e au 6e rang), tandis que les risques subissant le recul le plus prononcé sont la qualité des dirigeants (chutant du 1er au 4e rang), la gouvernance des institutions (en baisse du 2e au 7e rang) et le personnel (qui passe du 5e au 14e rang). La raison est évidente. Contrairement à ce quavaient indiqué de nombreux participants à lenquête précédente, gageant que les IMF resteraient hors datteinte des chocs de l« économie réelle », les IMF semblent désormais vulnérables à ces chocs par le biais des marchés financiers, des conditions de crédit et du sort de leur propre clientèle. Les risques liés aux tendances macroéconomiques bondissent dans le classement (du 23e au 3e rang). Les réponses sont dominées par les craintes que suscite limpact de la récession sur les portefeuilles de prêts, et tout particulièrement le problème du surendettement. Cette situation représente un revirement brutal par rapport à la perception antérieure mettant en avant le bon historique de remboursement des emprunteurs de microfinance ; les participants à lenquête blâment laugmentation de la concurrence et lérosion des normes de crédit qui encouragent les clients à emprunter au-delà de leur capacité de remboursement. La contraction du crédit a également suscité des inquiétudes quant à la liquidité des IMF (du 20e au 2e rang) et aux perspectives de refinancement (du 28e au 5e rang). Le fait quune grande partie du financement soit libellée en devises a également renforcé la sévérité du risque de change (passant du 12e au 8e rang) en raison de la volatilité des marchés de change. Le risque lié à la rentabilité remonte du 22e au 12e rang. Les différences les plus importantes EN HAUSSE § Risque lié au crédit : le microcrédit nest plus considéré comme une activité à faible risque § Tendances macroéconomiques : la microfinance nest plus isolée de l« économie réelle » § Liquidité : les IMF sont vulnérables au resserrement mondial des conditions de crédit § Insuffisance du financement : risques liés au coût et à la disponibilité de financement § Rentabilité : la crise aura un impact défavorable sur la pérennité et la confiance des investisseurs EN BAISSE § Qualité des dirigeants : un risque un peu éclipsé par des inquiétudes plus pressantes, mais qui reste néanmoins un risque élevé § Gouvernance des institutions : risque également relégué au second plan mais néanmoins considéré comme un problème à long terme § Concurrence : la pression concurrentielle se relâchera avec la récession § Taux d'intérêt : plus faibles et moins volatiles § Personnel : ces difficultés pourraient diminuer une fois que les marchés seront moins tendus Les participants sinquiètent en outre des effets de la récession sur les IMF fragiles caractérisées par les carences de financement et linefficacité des dirigeants, qui avaient tiré parti dune conjoncture économique favorable. Le risque de faillite institutionnelle est perçu comme élevé. Les craintes liées au cercle vicieux induit par la récession sont fortes : climat économique délétère, qui provoque laugmentation des impayés et la diminution des marchés, qui conduisent à une baisse de rentabilité, puis à la perte de confiance des investisseurs, elle-même débouchant sur des compressions de financement, etc. Les retombées de la récession peuvent également créer dautres risques, notamment celui de lingérence politique (10e rang) lorsque les gouvernements tentent damortir les difficultés liées à la récession en imposant certaines conditions pour le prêt et en admettant le non remboursement des prêts. Une autre inquiétude liée à la récession concerne la réputation de la microfinance (17e rang) si les IMF ne peuvent pas maintenir leurs flux de prêts ou sont forcées de durcir leur attitude concernant leur offre de prêts. Tout durcissement de la position des IMF renforcerait les inquiétudes relatives à la dérive par rapport à la mission dorigine (19e rang) et la perception que les IMF sont en train dabandonner leurs objectifs sociaux. La répartition des réponses selon le type de participant révèle que les praticiens de la microfinance sont très inquiets de limpact de la crise sur la qualité des prêts et sur le financement, tandis que les investisseurs sinquiètent plus fortement des risques liés au refinancement et au risque de change. Les appréhensions des autorités de régulation concernent la qualité des dirigeants. En termes régionaux, les questions économiques arrivent en tête de liste dans quasiment toutes les régions, soulignant le caractère mondial de la crise. La seule exception est celle de lAfrique, où les principaux risques demeurent ceux liés à la fragilité des institutions. Daprès : Enquête « Peau de banane » sur la microfinance 2009 - Affronter la crise et le changement, commanditée par Citi et CGAP, CSFI, n°85, juillet 2009, 14 pages Accédez à lintégralité du document : http://www.citibank.com/citi/microfinance/data/news090703a2.pdf Voir aussi : Enquête sur la perception des risques en microfinance, Karin BARLET, EspaceFinance, BIM du 15 avril 2008, http://www.lamicrofinance.org/files/24849_file_BIM_08_04_15.pdf Pour EspaceFinance Karin Barlet Bonjour
à tous, En
avril 2008, nous vous présentions les conclusions du premier rapport sur les
risques perçus en microfinance (« Microfinance Banana skins 2008 »),
issu d’une enquête effectuée par le CSFI (Centre for the Study of
Financial Innovation), groupe de réflexion à but non-lucratif
s’intéressant à l’avenir international de la finance.
L’édition 2009, parue en juillet, donne l’occasion de constater à
quel point les perceptions du risque se sont modifiées depuis début 2008. Cette
nouvelle enquête montre que « la crise financière s’est transformée
en une récession économique à laquelle nul ne peut échapper, pas même le
secteur de la microfinance, qui pourtant, il y a environ un an, donnait à de
nombreux observateurs l’impression qu’il était plus ou moins isolé
des vicissitudes de la finance traditionnelle ». Face au risque de crédit,
à l’assèchement des liquidités, à la récession mondiale et au
surendettement, les risques perçus comme majeurs en 2008 – qualité des
dirigeants d’IMF, problèmes de gouvernance, réglementation –
semblent très modestes. Tout comme le
précédent, ce nouveau rapport s’appuie sur une enquête visant à
recueillir la perception d’un échantillon international de praticiens,
d’investisseurs, de responsables de la réglementation et
d’observateurs du secteur sur les risques auxquels est confronté le
secteur de la microfinance. Ces risques sont classés par ordre
d’importance. L’enquête a été réalisée en avril et en mai 2009 et
ses conclusions sont fondées sur 430 réponses provenant de 82 pays et
d’institutions multinationales. La conclusion
principale est que la crise économique a complètement transformé les
perceptions associées aux risques de la microfinance : des risques jugés
mineurs dans l’enquête 2008 ont été propulsés en tête du classement,
devançant des risques qui semblaient auparavant cruciaux pour les perspectives
de la microfinance. D’une manière générale, ces nouveaux risques peuvent
être répartis entre trois « groupes » de vulnérabilité pour les IMF : -
l’aggravation
de la conjoncture économique -
les
menaces associées au financement et à la liquidité -
la
détérioration potentielle de la réputation de la microfinance Les risques
présentant l’augmentation la plus marquée comprennent le risque lié au
crédit (qui a bondi du 10e rang au 1er rang) et l’insuffisance
de financement (qui passe du 29e au 6e rang), tandis
que les risques subissant le recul le plus prononcé sont la qualité des
dirigeants (chutant du 1er au 4e rang), la gouvernance
des institutions (en baisse du 2e au 7e rang) et le personnel
(qui passe du 5e au 14e rang). La raison est
évidente. Contrairement à ce qu’avaient indiqué de nombreux participants
à l’enquête précédente, gageant que les IMF resteraient hors
d’atteinte des chocs de l’« économie réelle », les IMF semblent
désormais vulnérables à ces chocs par le biais des marchés financiers, des
conditions de crédit et du sort de leur propre clientèle. Les risques liés
aux tendances macroéconomiques bondissent dans le classement (du 23e
au 3e rang). Les réponses sont
dominées par les craintes que suscite l’impact de la récession sur les
portefeuilles de prêts, et tout particulièrement le problème du surendettement.
Cette situation représente un revirement brutal par rapport à la perception
antérieure mettant en avant le bon historique de remboursement des emprunteurs
de microfinance ; les participants à l’enquête blâment
l’augmentation de la concurrence et l’érosion des normes de crédit
qui encouragent les clients à emprunter au-delà de leur capacité de remboursement. La contraction du
crédit a également suscité des inquiétudes quant à la liquidité des IMF
(du 20e au 2e rang) et aux perspectives de
refinancement (du 28e au 5e rang). Le fait
qu’une grande partie du financement soit libellée en devises a également
renforcé la sévérité du risque de change (passant du 12e
au 8e rang) en raison de la volatilité des marchés de change. Le
risque lié à la rentabilité remonte du 22e au 12e
rang. Les différences les
plus importantes
EN HAUSSE
§ Risque lié au crédit
: le microcrédit n’est plus considéré comme une activité à faible risque § Tendances
macroéconomiques : la microfinance n’est plus isolée de l’«
économie réelle » § Liquidité : les IMF
sont vulnérables au resserrement mondial des conditions de crédit § Insuffisance du financement
: risques liés au coût et à la disponibilité de financement § Rentabilité : la
crise aura un impact défavorable sur la pérennité et la confiance des
investisseurs EN BAISSE
§ Qualité des
dirigeants : un risque un peu éclipsé par des inquiétudes plus pressantes, mais
qui reste néanmoins un risque élevé § Gouvernance des
institutions : risque également relégué au second plan mais néanmoins considéré
comme un problème à long terme § Concurrence : la
pression concurrentielle se relâchera avec la récession § Taux d'intérêt : plus
faibles et moins volatiles § Personnel : ces
difficultés pourraient diminuer une fois que les marchés seront moins tendus Les participants
s’inquiètent en outre des effets de la récession sur les IMF fragiles
caractérisées par les carences de financement et l’inefficacité des
dirigeants, qui avaient tiré parti d’une conjoncture économique
favorable. Le risque de faillite institutionnelle est perçu comme élevé.
Les craintes liées au
cercle vicieux induit par la récession sont fortes : climat économique
délétère, qui provoque l’augmentation des impayés et la diminution des
marchés, qui conduisent à une baisse de rentabilité, puis à la perte de
confiance des investisseurs, elle-même débouchant sur des compressions de
financement, etc. Les retombées de la
récession peuvent également créer d’autres risques, notamment celui de l’ingérence
politique (10e rang) lorsque les gouvernements tentent
d’amortir les difficultés liées à la récession en imposant certaines
conditions pour le prêt et en admettant le non remboursement des prêts. Une autre inquiétude
liée à la récession concerne la réputation de la microfinance (17e
rang) si les IMF ne peuvent pas maintenir leurs flux de prêts ou sont forcées
de durcir leur attitude concernant leur offre de prêts. Tout durcissement de la
position des IMF renforcerait les inquiétudes relatives à la dérive par
rapport à la mission d’origine (19e rang) et la perception
que les IMF sont en train d’abandonner leurs objectifs sociaux. La répartition des
réponses selon le type de participant révèle que les praticiens de la
microfinance sont très inquiets de l’impact de la crise sur la qualité
des prêts et sur le financement, tandis que les investisseurs
s’inquiètent plus fortement des risques liés au refinancement et au
risque de change. Les appréhensions des autorités de régulation concernent la
qualité des dirigeants. En termes régionaux, les questions économiques arrivent
en tête de liste dans quasiment toutes les régions, soulignant le caractère
mondial de la crise. La seule exception est celle de l’Afrique, où les
principaux risques demeurent ceux liés à la fragilité des institutions. D’après : Enquête
« Peau de banane » sur la microfinance 2009 - Affronter la crise et le
changement, commanditée par Citi et CGAP, CSFI, n°85, juillet 2009, 14
pages Accédez à
l’intégralité du document : http://www.citibank.com/citi/microfinance/data/news090703a2.pdf
Voir
aussi : Enquête sur la perception des risques en microfinance, Karin
BARLET, EspaceFinance, BIM du 15 avril 2008, http://www.lamicrofinance.org/files/24849_file_BIM_08_04_15.pdf
Pour
EspaceFinance Karin
Barlet |
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