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BIM : Comment les pauvres vivent avec 2 dollars par jour ? =??b?U3ludGjoc2U=?= du dernier ouvrage de Morduch, Rutherford, et O. RuthvenLe BIM daujourdhui nous est proposé par Isabelle Guérin, chercheur à lIRD (Institut de recherche pour le développement, France) et coordinatrice dun projet de recherche sur le lien entre microfinance rurale et emploi. Il présente et commente louvrage Porfolios of the Poor. How the Worlds Poor Live on $2 a Day de C. Daryl, J. Morduch, S. Rutherford, et O. Ruthven paru en 2009. Bonne découverte ! Ecrit de manière limpide, cet ouvrage décrit de manière détaillée et convaincante la manière dont, au quotidien, les pauvres gèrent ce que les auteurs considèrent comme le « triple whammy » : revenus faibles, flux de trésorerie irréguliers, instruments financiers peu adaptés et peu fiables. Louvrage a également une dimension résolument politique et normative : il considère que la microfinance peut aider les pauvres à améliorer leur gestion du budget, et donc leur vie quotidienne. Louvrage se distingue en premier lieu par la méthode utilisée (les « financial diaries »). Cette méthodologie, déjà testé par l'un des auteurs, Stuart Rutherford, consiste à rendre visite à des familles de manière très régulière et sur une période continue (ici, toutes les deux semaines pendant un an). Lobjectif principal consiste à documenter les flux de trésorerie, à la fois dépenses et les revenus. La régularité et la qualité des relations établies avec les ménages apparaissent indispensables, dune part pour obtenir des informations fiables et cohérentes, dautre part pour appréhender la diversité, la complexité et l'intensité de l'intermédiation financière des ménages. Des enquêtes ont été menées à la fois en zones urbaines et rurales, dans trois pays: le Bangladesh, l'Inde et l'Afrique du Sud. Malgré la diversité des contextes étudiés, lanalyse met en évidence de fortes similitudes concernant la manière dont les pauvres perçoivent et utilisent la finance, et l'un des principaux objectifs de louvrage est de décrire les similitudes observées. Un autre intérêt de louvrage consiste à remettre en cause un certain nombre de préjugés. Certaines idées avancées par les auteurs ne sont pas entièrement nouvelles (et reprennent notamment nombre de résultats mis en évidence par l'anthropologie économique). Mais le livre a l'immense mérite d'être écrit dans un langage simple et accessible, et les arguments sont étayés par des données chiffrées (ce qui est moins le cas des approches inspirées de lanthropologie économique ; en revanche la dimension sociale des pratiques financières, chère à lanthropologie économique, nest guère abordée). Un premier préjugé concerne labsence déducation financière des pauvres du fait de leur illettrisme. Lanalyse méticuleuse de la manière dont les pauvres gèrent leurs flux de trésorerie met en évidence des compétences et des savoir-faire extrêmement complexes et sophistiqués : les pauvres planifient, calculent, anticipent et épargnent. Les stratégies et les motivations sont parfois surprenantes, mais elles ont leur propre logique. Que ce soit pour la gestion quotidienne du budget, pour faire face à des situations d'urgence ou pour accumuler des grosses sommes, les ménages pauvres utilisent et combinent une grande diversité d'outils financiers et en inventent régulièrement de nouveaux. Pauvreté ne signifie pas faible intermédiation financière, loin sen faut. Les montants empruntés, remboursés, prêtés, récupérés, déposés et retirés, ainsi que la fréquence des transactions sont impressionnants. Avoir du mal à joindre les deux bouts nempêche pas les pauvres dépargner, daccumuler et de « saisir des opportunités ». Le principe majeur réside dans la transformation de petites sommes en de grosses sommes, soit par lépargne soit par lemprunt. La distinction entre les deux est dailleurs assez floue, ce que mettait déjà en évidence louvrage de Stuart Rutherford (2001). Louvrage propose une analyse stimulante des taux d'intérêt. Les enquêtes de terrain montrent que la finance informelle est loin dêtre synonyme dusure. Dans les trois pays étudiés, parenté et amis sont la source la plus commune de liquidité. Or le coût est généralement gratuit et fondé sur le principe de réciprocité. Dans certains cas cependant, y compris celui de la microfinance, il est constaté que les pauvres sont prêts à payer des taux qui paraissent extrêmement élevés. Dans un chapitre spécifiquement consacré au prix de l'argent, les auteurs proposent plusieurs facteurs dexplications. Non seulement le prix nest quune composante de la transaction, mais il a une signification particulière : il est souvent considéré davantage comme un coût fixe que comme un taux. La courte durée des prêts, le montant relativement modeste du principal, l'absence d'intérêt composé, la flexibilité des arrangements et la possibilité de rééchelonner le remboursement sont autant déléments qui entrent en jeu dans cette conception particulière du prix de largent. Les auteurs ne se bornent pas à décrire en détail comment les gens comprennent, perçoivent et utilisent la finance : ils sinterrogent aussi sur la manière daider les pauvres à mieux gérer leurs budgets. Dans le prolongement d'un chapitre sur les évolutions de la Grameen Bank et la manière dont elle a réussi à élaborer des services de meilleure qualité (Grameen II), le chapitre de conclusion est un plaidoyer pour faire de la microfinance le « premier service universel fiable ». Selon les auteurs, les sources informelles de financement ont de nombreux atouts mais aussi de nombreuses faiblesses. Linformel est généralement pratique, facile et simple daccès, et dans de nombreux cas il est gratuit (comme indiqué plus haut). Lorsquil y a un coût financier, les modalités restent souples et les prix peuvent être négociés. Mais la gratuité nest toutefois pas systématique, et elle est parfois dordre social et psychologique (intimidation, honte, obligation de réciprocité). Par ailleurs la finance informelle est souvent peu fiable, aléatoire, non transparente et limitée au court terme. En d'autres termes, les auteurs considèrent que les ménages pauvres utilisent la finance informelle faute de choix. Les implications politiques sont claires : offrir des services financiers de bonne qualité aux pauvres doit leur permettre daméliorer leur vie quotidienne, et les auteurs plaident pour la mise en place dun « service universel de la microfinance ». Celui-ci devrait combiner les principes de base suivants: - Fiabilité: délivrer des services dans des délais, pour un montant et un prix annoncés ; - Commodité: permettre aux clients demprunter, rembourser, épargner, retirer les dépôts de manière fréquente, dans un lieu proche du domicile ou de lespace professionnel, tout en respectant lanonymat des clients ; - « Structure »: l'un des principaux enseignements de la finance informelle, c'est que les pauvres souhaitent épargner mais ont du mal et sont à la recherche de mécanismes d'auto-discipline (dont lexemple le plus connu est la tontine). Les services financiers doivent donc prévoir un principe de régularité favorisant cette « auto-discipline », par exemple ce que propose la Grameen Bank avec certains plans dépargne ; - La flexibilité: il est nécessaire que les transactions puissent être compatibles avec lirrégularité des flux de trésorerie auxquels nombre de pauvres sont confrontés, par exemple la possibilité de rembourser des prêts par anticipation, des calendriers de remboursement souples, et les prêts d'urgence. Les auteurs suggèrent que la flexibilité concerne également lusage des prêts : les clients, disent-ils, devraient être autorisés à utiliser leur prêt à leur guise. L'idée principale ici est que les pauvres ont besoin de prêts pour tous types d'utilisations, non seulement pour les microentreprises. Cet argument traverse lensemble de louvrage et est évoqué à maintes reprises. Dans la mesure où la microfinance continue d'être perçue comme un outil visant à promouvoir lauto-emploi et les activités génératrices de revenus, cette idée est probablement la plus provocante. Deux types d'arguments sont avancés. Le premier consiste à dire que cest déjà une réalité : dans de nombreux cas, les pauvres "détournent" la microfinance et l'utilisent pour les dépenses liées à la santé, l'éducation, le remboursement des dettes, etc. Mais les auteurs considèrent aussi (et cest le second argument) quil y a là une opportunité extraordinaire pour ouvrir « le plus grand marché au monde pour les pauvres ». Comme indiqué plus haut, ce livre offre une analyse détaillée et convaincante de la manière dont les pauvres gèrent leur argent. En revanche, les propositions opérationnelles (et politiques) nous semblent beaucoup plus discutables, pour deux raisons : 1) La première concerne la supériorité systématique de la microfinance par rapport à la finance informelle. Les auteurs reconnaissent à plusieurs reprises que la microfinance a encore de nombreux efforts à faire, tout en restant convaincus que la microfinance doit pouvoir facilement se conformer aux idéaux annoncés (les principes de base du service universel évoqué plus haut). Contrairement à la finance informelle, affirment-ils, la microfinance est capable de fiabilité et de transparence, sans aucun coût social ou psychologique. Il est également avancé que, moyennant quelques efforts en matière d'innovation, la microfinance pourrait faire aussi bien que la finance informelle en termes de flexibilité, et pourrait faire beaucoup mieux en termes de services à long terme. La dimension « professionnelle » et « contractuelle » de la microfinance est ce qui devrait lui permettre de concurrencer efficacement la finance informelle. Mais louvrage ne donne guère de détails. L'opposition faite entre la microfinance (considéré comme semi-formel) et la finance informelle semble un peu simpliste. Nombre dinstitutions de microfinance sont transparentes, mais beaucoup ne le sont pas (avec des distinctions complexe entre taux dintérêt, services, part sociales, etc. que les clients maîtrisent mal et au final un coût total qui est parfois très opaque). La finance informelle n'a ni le monopole ni l'exclusivité de la pression sociale, l'intimidation et le harcèlement. Un certain nombre détudes ont bien montré les coûts sociaux du prêt collectif (et les auteurs dailleurs lévoquent) mais dans certains cas le prêt individuel est aussi soumis à des mécanismes de pression sociale. Face aux contraintes de productivité, les agents de microcrédit sont parfois tentés dappliquer des méthodes de recouvrement guère compatibles avec le respect des emprunteurs. Et réciproquement, certaines formes de financement informel sont transparentes, fiables et de nature contractuelle. Ce nest peut-être pas le cas dans les trois pays étudiés, mais il aurait été utile de relativiser les conclusions de l'étude. En ce qui concerne la supériorité de la microfinance pour les produits de long terme, la supériorité des institutions de microfinance reste à prouver. Plutôt que dopposer informel, semi-formel (microfinance) et finance formelle, ne devrait-on pas admettre qu'il existe un continuum d'arrangements financiers, et les comparer sur la base de leurs caractéristiques, et non sur leur statut ? Ne faut-il pas plaider pour la complémentarité, repérer les niches sur lesquelles linformel nest ni efficace ni juste et penser ainsi le rôle et le potentiel de la microfinance ? Enfin les auteurs évoquent peu la dimension sociale de linformel : de nombreux travaux ont pourtant montré que les pratiques financières informelles, au-delà de leur fonction purement économique, avaient également pour fonction de maintenir, reproduire ou actualiser des relations sociales, et quil était donc vain de prétendre abolir linformel. 2) Le livre est aussi un vibrant plaidoyer pour le micro-crédit à la consommation. Convaincre les praticiens de la microfinance, et leurs bailleurs de fonds, que le microcrédit est souvent détourné dusages « productifs » est tout à fait louable. Prétendre que les pauvres ont besoin d'emprunter pour les besoins sociaux est également parfaitement légitime. Mais ne faut-il pas simultanément tenir compte des risques du crédit à la consommation et mener une réflexion et un débat de fond sur ce que cela signifie en termes de politique et de choix de société ? Et ne faut-il pas en repenser les conditions, notamment en termes de coût ? S'il n'y a pas d'augmentation des revenus et aucun mécanisme de redistribution, la dette entraîne nécessairement la paupérisation. C'est un effet mécanique très simple, à moins qu'elle soit exempte de frais, mais ce n'est pas le cas de la microfinance. Les risques sont dautant plus prononcés dans la mesure où le désir de consommer est très probablement croissant parmi les pauvres. Lorsque le marché du travail fournit peu ou pas d'opportunités de mobilité sociale, la consommation est souvent la seule alternative, y compris chez les plus pauvres qui ne sont pas épargnés par les tentations dune consommation globalisée. Le surendettement touche des millions de foyers nord-américains et européens depuis quelques décennies et ces chiffres augmentent chaque jour. Jusqu'à maintenant, il semble que les pauvres des pays du Sud ont été épargnés par ce type de problème. Il ne fait nul que personne ne peut les empêcher de consommer. Mais ont-ils réellement besoin dy être encouragés? Références Collins Daryl, Jonathan Morduch, Stuart Rutherford, Orlanda Ruthven Porfolios of the Poor. How the Worlds Poor Live on $2 a Day (2009)., Princeton: Princeton University Press. Rutherford, S. (2001) The Poor and their Money, Oxford: Oxford University Press. ---------------------------------------------------------------------------- ---------- Pour s'inscrire (ou se désinscrire) à EspaceFinance et recevoir les BIM, envoyez un message à espacefinance_request@... avec dans le corps du message uniquement le mot SUBSCRIBE (ou UNSUBSCRIBE). Ne pas spécifier l'objet du message. Pour diffuser un message à la liste, envoyez-le à espacefinance@... (vous devez être inscrit). Les BIM sont produits depuis 1999 par les équipes microfinance du Gret et du Cirad à titre volontaire. Vous pouvez accéder au site Pôle Microfinancement à ladresse http://microfinancement.cirad.fr/present.html Si vous souhaitez proposer un BIM, contactez mboke@.... ---------------------------------------------------------------------------- ------------ Bonjour, Le BIM
d’aujourd’hui nous est proposé par Isabelle Guérin, chercheur à
l’IRD (Institut de recherche pour le développement, France) et
coordinatrice d’un projet de recherche sur le lien entre microfinance rurale
et emploi. Il présente et commente l’ouvrage Porfolios
of the Poor. How the World’s Poor Live on
$2 a Day de C. Daryl, J. Morduch, S.
Rutherford, et O. Ruthven paru en 2009. Bonne
découverte ! Ecrit de
manière limpide, cet ouvrage décrit de manière détaillée et convaincante la
manière dont, au quotidien, les pauvres gèrent ce que les auteurs considèrent
comme le « triple whammy » : revenus faibles, flux de trésorerie
irréguliers, instruments financiers peu adaptés et peu fiables. L’ouvrage
a également une dimension résolument politique et normative : il considère
que la microfinance peut aider les pauvres à améliorer leur gestion du budget,
et donc leur vie quotidienne. L’ouvrage
se distingue en premier lieu par la méthode utilisée (les « financial
diaries »). Cette méthodologie, déjà testé par l'un des auteurs, Stuart
Rutherford, consiste à rendre visite à des familles de manière très régulière
et sur une période continue (ici, toutes les deux semaines pendant un an).
L’objectif principal consiste à documenter les flux de trésorerie, à la
fois dépenses et les revenus. La régularité et la qualité des relations
établies avec les ménages apparaissent indispensables, d’une part pour
obtenir des informations fiables et cohérentes, d’autre part pour appréhender
la diversité, la complexité et l'intensité de l'intermédiation financière des
ménages. Des enquêtes ont été menées à la fois en zones urbaines et rurales,
dans trois pays: le Bangladesh, l'Inde et l'Afrique du Sud. Malgré la diversité
des contextes étudiés, l’analyse met en évidence de fortes similitudes
concernant la manière dont les pauvres perçoivent et utilisent la finance, et
l'un des principaux objectifs de l’ouvrage est de décrire les similitudes
observées. Un autre
intérêt de l’ouvrage consiste à remettre en cause un certain nombre de
préjugés. Certaines idées avancées par les auteurs ne sont pas entièrement
nouvelles (et reprennent notamment nombre de résultats mis en évidence par
l'anthropologie économique). Mais le livre a l'immense mérite d'être écrit dans
un langage simple et accessible, et les arguments sont étayés par des données
chiffrées (ce qui est moins le cas des approches inspirées de
l’anthropologie économique ; en revanche la dimension sociale des
pratiques financières, chère à l’anthropologie économique, n’est
guère abordée). Un premier
préjugé concerne l’absence d’éducation financière des pauvres du
fait de leur illettrisme. L’analyse méticuleuse de la manière dont les
pauvres gèrent leurs flux de trésorerie met en évidence des compétences et des
savoir-faire extrêmement complexes et sophistiqués : les pauvres
planifient, calculent, anticipent et épargnent. Les stratégies et les
motivations sont parfois surprenantes, mais elles ont leur propre logique. Que
ce soit pour la gestion quotidienne du budget, pour faire face à des situations
d'urgence ou pour accumuler des grosses sommes, les ménages pauvres utilisent
et combinent une grande diversité d'outils financiers et en inventent
régulièrement de nouveaux. Pauvreté ne signifie pas faible intermédiation
financière, loin s’en faut. Les montants empruntés, remboursés, prêtés,
récupérés, déposés et retirés, ainsi que la fréquence des transactions sont
impressionnants. Avoir du mal à joindre les deux bouts n’empêche pas les
pauvres d’épargner, d’accumuler et de « saisir des
opportunités ». Le principe majeur réside dans la transformation de
petites sommes en de grosses sommes, soit par l’épargne soit par
l’emprunt. La distinction entre les deux est d’ailleurs assez
floue, ce que mettait déjà en évidence l’ouvrage de Stuart Rutherford
(2001). L’ouvrage
propose une analyse stimulante des taux d'intérêt. Les enquêtes de terrain
montrent que la finance informelle est loin d’être synonyme
d’usure. Dans les trois pays étudiés, parenté et amis sont la source la
plus commune de liquidité. Or le coût est généralement gratuit et fondé sur le
principe de réciprocité. Dans certains cas cependant, y compris celui de la
microfinance, il est constaté que les pauvres sont prêts à payer des taux qui
paraissent extrêmement élevés. Dans un chapitre spécifiquement consacré au prix
de l'argent, les auteurs proposent plusieurs facteurs d’explications. Non
seulement le prix n’est qu’une composante de la transaction, mais
il a une signification particulière : il est souvent considéré davantage
comme un coût fixe que comme un taux. La courte durée des prêts, le montant
relativement modeste du principal, l'absence d'intérêt composé, la flexibilité
des arrangements et la possibilité de rééchelonner le remboursement sont autant
d’éléments qui entrent en jeu dans cette conception particulière du prix
de l’argent.
Références Collins Daryl, Jonathan Morduch, Stuart Rutherford, Orlanda Ruthven
Porfolios of the Poor. How the World’s Poor Live on $2 a Day (2009).,
Princeton: Princeton University Press. Rutherford, S.
(2001) The Poor and their Money, Oxford: Oxford University Press. -------------------------------------------------------------------------------------- Pour s'inscrire (ou
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pas spécifier l'objet du message. Pour diffuser un
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depuis 1999 par les équipes microfinance du Gret et du Cirad à titre
volontaire. Vous pouvez accéder au site Pôle Microfinancement
à l’adresse http://microfinancement.cirad.fr/present.html Si vous souhaitez
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