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BIM - Le " jonglage ", =??b?cul26WxhdGV1cg==?= de la =??b?ZGl2ZXJzaXTp?= et de la =??b?Y29tcGxleGl06Q==?= des pratiques =??b?ZmluYW5jaehyZXM=?= des =??b?beluYWdlcw==?= ruraux =??b?4A==?= MadagascarIl est fréquent de trouver à la fin dune évaluation de projet appuyant un système de crédit, une recommandation sur la nécessité de renforcer les capacités de gestion financière des ménages. Le stéréotype du pauvre, du pauvre paysan en particulier, analphabète en matière de gestion financière, a la vie dure. Pourtant, dans de nombreuses situations rurales, on observe une grande complexité des pratiques financières des ménages. Cette complexité des pratiques est renforcée par linsertion croissante des populations rurales dans le marché, par la diversification des activités économiques, la multiplication des institutions financières et louverture dune gamme large de crédits. Une étude en cours dans le cadre du projet ANR Rural Microfinance and Employement (Rume) met en évidence cette complexité des pratiques financières des ménages ruraux dans le cas du Lac Aloatra à Madagascar. Cette région, située à 250 km au nord-est dAntananarivo est considérée comme lun des deux plus importants greniers à riz de Madagascar. Le cur de cette région, la périphérie aménagée du Lac Alaotra, est caractérisée par un fort degré dactivités économiques impulsé par la production rizicole, renforcé par la diversification des activités dagriculture (cultures de contre saison) et délevage (canards, oies, porcs, vaches laitières ) et par les activités rurales induites (commerce, artisanat, activités de loisir ). Les institutions financières sont fortement présentes dans cette zone : banques commerciales (BOA, BNI), microfinance (réseaux mutualistes Otiv et Cecam), projets à volet de crédit, financeurs privés (Société Silac), finance informelle (commerçants, collecteurs de riz ). Centrée sur une méthode de recherche faisant une large place à lanalyse qualitative des pratiques financières des ménages, létude met en évidence au sein de toutes les catégories de ménages, des plus pauvres aux plus aisés, des pratiques de « jonglage » financier : face à leurs multiples besoins financiers, les ménages mobilisent sur des pas de temps variables, de multiples sources de financement, (revenus dactivités, ventes de stocks, épargne, crédit formel et informel, ventes dactifs...) et les combinent en des rotations plus ou moins rapides, guidées tantôt par un calcul parfois très fin tantôt par des impératifs dictés par lenvironnement extérieur (saisir une opportunité, réagir à un choc). Dans ce travail, la notion de calcul nest pas utilisée dans une acception purement économique ou monétaire. Elle renvoie plutôt aux « cadres de calcul » mobilisés par le courant de la sociologie de la traduction. Lanalyse de ces cadres de calcul permettra notamment de questionner certaines relations déquivalence : évaluer les différentes options de crédit formel et informel ne se réduit pas à comparer des sommes de coûts de transaction et de coûts financiers ; au-delà de leur valeur monétaire, les différentes catégories dactifs ne sont pas équivalentes vis-à-vis de léventualité dune liquidation, etc. Les formes de ce « jonglage » financier sont multiples. Le jonglage peut valoriser les potentialités des systèmes dactivités économiques locaux, notamment par combinaison dactivités à rotation de capital rapide (commerce, élevage à cycle court ) avec des activités nécessitant une immobilisation de capital plus longue (production agricole, élevage bovin...). Il peut sappuyer sur la gestion des stocks agricoles, en combinant les ventes immédiates après la récolte avec des ventes de stock différées quand les prix sont meilleurs. Il peut mobiliser des combinaisons de crédit formel et informel, de crédit et dépargne de différente nature. Il peut sappuyer sur le cercle vertueux de laccumulation dactifs pouvant servir de garanties pour élargir laccès au crédit, mais aussi sur la liquidation dactifs face à un besoin de financement urgent et imprévu. Loin dêtre seulement une forme de gestion de crise, ces pratiques de « jonglage » sont mobilisées par les ménages dans toutes les situations de la vie courante en fonction de plusieurs types de logiques et de finalités. Elles peuvent être une réponse à des besoins de trésorerie prévus (frais de campagne agricole, école, remboursement de dette ). Elles peuvent participer à une stratégie construite daccumulation dactifs (investissement parfois acrobatique dans un premier actif qui va constituer la garantie pour un crédit dinvestissement ultérieur ). Elles peuvent être aussi, bien sûr, une réponse à un choc (dépenses de santé, décès, perte de troupeau ). Elles peuvent enfin être induites par des dysfonctionnements du système financier (un crédit octroyé avec du retard alors quune activité économique était planifiée en fonction dun calendrier donné ). Ces pratiques de jonglage sont observées dans toutes les catégories de ménages, avec des variantes dans les logiques, les contraintes et les effets. Même si elles sinscrivent dans un continuum, et sont ponctuées de contre-exemples, des tendances se dessinent qui recoupent les clivages économiques. Au sein des ménages les plus pauvres, les pratiques de jonglage prennent plus souvent une dimension réactive, marquée par lurgence, la précarité et la prise de risque. Au sein des ménages les plus aisés, elles vont porter sur des sommes plus importantes et sinsérer plus souvent dans des stratégies proactives daccumulation, dintensification et de diversification. La multiplication des institutions financières dans la région du Lac Alaotra a contribué à renforcer et à diversifier ces pratiques de jonglage. De même, loffre dune gamme de crédits (crédit de campagne, crédit de stockage, de commercialisation, dinvestissement ) a élargi les possibilités de jonglage. Cette nouvelle configuration se présente davantage comme un empilement doptions et de pratiques que comme un processus de substitution de linformel par le formel. Elle offre aux ménages du Lac Alaotra des opportunités dintensification de leurs activités économiques et financières, mais comporte aussi des risques, plus marqués pour les ménages les plus pauvres. Le texte qui suit est une monographie denquête auprès dun ménage de cette région du lac Alaotra. Cette monographie éclaire différentes pratiques de jonglage par un ménage « moyen» en terme de patrimoine et de revenu (dans la typologie des ménages de cette région) en cours daccumulation et parvenant à valoriser positivement loffre des institutions financières. Nous reviendrons dans un BIM ultérieur sur la méthode denquête mise en oeuvre dans cette étude RUME, combinant quantitatif et qualitatif. Cette monographie, réalisée en juillet 2009 est extraite de lenquête qualitative. Les phrases surlignées sont des éléments de synthèse, permettant une exploitation ultérieure et la comparaison entre les 80 enquêtes qualitatives produites dans létude. MONOGRAPHIE M. R. du fonkontany (zone administrative correspondant approximativement à un village) dAmbohibotava M.R. a 46 ans, il vit à Ambibotava, à 7 km du centre de la ville dAmbatondrazaka, dans une zone de périmètre irrigué, bien reliée à la ville (10 mn en voiture, nombreuses liaisons en taxi brousse sur une piste facile daccès). Il habite au centre du fonkontany, sur la place principale. Proche ville, route, services, infrastructure Il est marié, son épouse a 34 ans, ils ont 7 enfants, agés de 18 à 4 ans. Tous sont scolarisés, 5 en école privée, (les deux aînés à Ambatondrazaka, les trois derniers à Ambibotava), les deux autres sont au CEG public à Ambohibotava. Famille nombreuse, avec enfants encore jeunes, effort important de scolarisation (tous, dont 5/7 en école privée) ; frais de scolarisation élevés (cf. plus bas) M.R. a été scolarisé jusquà la classe de première, son épouse jusquen 4ème. Pas dautre formation depuis quils ont quitté lécole. Niveau de formation moyen Le ménage a des activités dagriculture, délevage ; il possède un épibar au centre du Fonkontany, géré par Monsieur et Madame ; épisodiquement, M.R. vend du bois de chauffe, extrait de la foret quil possède à ? km. Système dactivité pluriactif agriculture/commerce M.R. est trésorier de lassociation locale des usagers de leau. Il est membre de lIMF 1 depuis 2007. Capital social + Accès à IMF Patrimoine En 2009, M.R. est propriétaire de 4 ha de rizière, 2 ha de tanety, 1 ha de baibou, 0,75 ha de foret, hérité de sa grand-mère en 2005 et 3,25 ha de rizière hors maille (RMME= rizière à mauvaise maitrise de leau) quil vient dacheter en 2008. Gros propriétaire foncier De cet ensemble de terres, il nexploite actuellement en faire valoir direct que 1,25 ha de rizière et 0,75 ha de forêt. Après avoir hérité des terres en 2005, il a donné en location pour 3 ans 2,75 ha de rizière proche car avait besoin dargent ; les tanet et baibou sont donnés en métayage (50/50) car trop loin pour être cultivés par lui. Ses beaux-parents lui ont proposé dexploiter une partie de leurs terres, mais il a refusé car manque de temps. Mais nexploite quune surface « moyenne (1,25) de rizière par manque dargent, de temps et localisation éloignée Il possède en propriété 5 petites maisons tout autour de son epibar, 2 ont été héritées, 3 ont été construites. Lune a lélectricité et des latrines, les autres non. Patrimoine immobilier «niveau moyen » acquis progressivement par héritage et construction En juillet 2009, Il possédait 3 bufs de trait, achetés entre 2000 et 2005, dune valeur actuelle denviron 1,2 Million dAr. Jusquà janvier 2009, il possédait des porcs quil a revendus Patrimoine cheptel « moyen » bovin et porc Son équipement agricole est limité à une charrue héritée de son père, et du petit outillage. En utilisant les revenus de sa production de riz, les revenus de lépibar et les revenus dactivité ponctuelle de production de brique, il a concentré son effort sur lacquisition déquipement pour son épibar (bascule, balance, bicyclettes (3). Le ménage possède un salon, 2 machines à coudre, une télévision acquise plus récemment. Peu déquipement agricole mais effort déquipement activité non agricole et début déquipement de loisir pour la famille Trajectoire M.R. sest installé avec son épouse en 1990. Avant son mariage, il exploitait déjà un lopin de terre confié en métayage par sa grand-mère. Son père lui avait donné une charrue. Lors de son mariage, sa famille lui a confié 2 ha de rizière en métayage (1 ha par grand-mère, 1 ha par grand père). En 1992, son grand père lui confie un troupeau de 31 zébus et des bufs de trait. Une dotation initiale favorable, mais en confiage/métayage Très vite, après son mariage, son épouse installe une petite gargotte dans leur maison, dont le fonds de roulement initial a été prélevé sur les revenus de la vente de riz. Diversification précoce des activités valorisant lenvironnement « urbain » Un premier enfant nait en fin 1990, six autres enfants naîtront ensuite (1993, 1996, 1998, 2000, 2002, 2005). Tout en élevant ses enfants, Madame R. tient sa gargotte dont les revenus permettent de renouveler les stocks sans beaucoup développer lactivité. En 1996, tous les zébus et bufs de trait sont volés. M.R. essayera progressivement de reconstituer le troupeau avec les revenus de la vente de riz. Il arrive à racheter deux zébus en 1997, et deux autres en 1998. Choc = vol troupeau et boeufs de trait qui prive de capacité de labour et dinvestissement En 1999, il accède à un crédit de la banque BTM quil utilise pour la production de riz et quil ne remboursera pas, suite à la crise quà connu la BTM à cette période. Un recours ponctuel à crédit BTM, non remboursé En 2000, sa grand-mère tombe malade ; sa maladie se prolongera jusquen 2003, date de son décès. La maladie entraîne des dépenses de santé importantes pendant toutes ces années. Larrivée de nouveaux enfants renforce les dépenses familiales du ménage. Ainsi, en 2002, à larrivée du 6ème enfant, M.R. est obligé de donner une parcelle de 0,5 ha en métayage pour obtenir largent nécessaire aux cérémonies. Choc = Maladie dans la famille qui entraîne dépenses et soucis A partir de 2000, il sera obligé de prendre chaque année jusquen 2005 un crédit auprès dun collecteur privé, sous forme de vente sur pied. Le coût du crédit est très élevé (1 vat riz emprunté à la soudure devra être remboursé 4 vat à la récolte). En 2008, il remboursait encore au collecteur une dette de 2005. En début 2009, il est arrivé enfin à se dégager de cette dette. Recours à vente sur pied pendant plusieurs années La légalisation des terres et maisons héritées de la grand-mère a pris du temps (2004-2007) et a eu un cout élevé. Pendant toute cette période, M.R. a concentré ses efforts sur cette légalisation. Effort important consenti pour légaliser des titres de propriété après le décès de la grand-mère A partir de 2006, après le décès de sa grand-mère, avec des enfants devenant plus grands (?), et la légalisation des titres en cours, les préoccupations familiales de M.R. sallègent, il a plus de temps pour réfléchir, prendre des initiatives. Il observe que sa gargotte et une petite maison dont il a hérité de sa grand-mère sont situées sur la place du marché du village, sur un axe routier fréquenté, quil y a besoin dune épicerie et que la concurrence est faible. Il décide alors daménager un épi bar et utilise les revenus de la vente de riz pour constituer son premier stock et acheter une bascule et une balance roberval. Lépi-bar fonctionne demblée très bien et génère des bénéfices qui permettent daméliorer le financement de la production de riz (2007), de développer lélevage de porcs (2008), dacheter une rizière (RMME) de 3,25 ha (à prix « modéré » car située dans une zone mal drainée) (2008) et de mettre les deux derniers enfants à lécole privée (2008). Un héritage avec titre de propriété et un allègement des préoccupations familiales permettent de valoriser une opportunité dactivité commerciale offerte par un environnement de marché qui se développe favorablement ; des résultats importants sont obtenus très rapidement et permettent damorcer une dynamique de capitalisation productive et familiale En 2007, il voit quil a besoin de fonds supplémentaires pour développer son épicerie. Il ne souhaite pas avoir recours au crédit informel, trop coûteux et dont il est juste en train de sextraire. Il sintéresse alors aux IMF auxquelles il pense pouvoir avoir accès car il dispose maintenant de biens (terre en propriété, meubles, télévision...) pouvant être mis en garantie. Son frère et son beau père ont lun et lautre pris du crédit auprès du réseau IMF 2 et ont eu à affronter chaque fois un problème de retard doctroi de crédit ; son beau père a été même été contraint de sendetter auprès dun usurier pour résoudre le dernier problème en date. Le réseau IMF 1 nayant pas ce problème, demandant les mêmes taux dintérêt que lIMF 2 et traitant bien ses membres, lui a paru plus intéressant que le réseau IMF2. Il a adhéré à lIMF 1 en fin 2007. Il a pris dabord un crédit commercial d1 million dAr qui lui a permis daméliorer lapprovisionnement de son épi bar. En décembre 2008, il a pris un crédit productif d1 million dAr investi dans lépi-bar et dans la riziculture. En juillet 2009, il a pris un crédit de stockage (928 000 Ar) qui lui a permis de développer une nouvelle activité, la collecte. Ses disponibilités monétaires lui permettent aussi maintenant de prêter de largent. Besoins de fonds pour développer lactivité commerciale Héritage et capitalisation antérieure permettent denvisager laccès aux IMF Choix de lIMF 1 car IMF 2 a réputation de retards doctroi de crédit Au sein de lIMF il a demblée accès à un crédit relativement important quil injecte dans son activité commerciale Laccès à différents crédits successifs permet damplifier, daccélérer le développement de lactivité commerciale, daméliorer la production agricole et dengager une diversification vers lactivité de collecte de riz. Il a pour projet de mettre en culture la rizière achetée en 2008, jusquà présent inexploitée car nécessitant des travaux de drainage assez couteux. Il veut aussi acheter un motoculteur kubota avec une remorque, pour un montant total de 5 millions dAr. Il envisage de le prendre à crédit bail, auprès de lIMF 1. Mais rien ne presse. Il veut dabord sassurer que les activités se développent bien, quil sera capable de rembourser. Il a donc préféré prendre encore un crédit commercial en juillet 2009 pour linvestir dans son activité dépi bar et de collecte de riz. Une spirale positive daccumulation semble se mettre en place, dans laquelle laccès au crédit formel de la microfinance joue un rôle daccélérateur de développement et semble soutenue par une capacité de gestion prévision, apprentissage Système dactivité et pratiques de financement juin 2008 - juillet 2009 De juin 2008 à juillet 2009, le système dactivité de M.R. a combiné agriculture, élevage et une activité commerciale, lépi-bar. Le système de production végétale comprend du riz irrigué (semé en novembre récolté en fin mai -juin, des cultures de tanet : riz pluvial, haricot, pois de terre (semées en novembre récolté en mars avril). Système dactivité pluriactif Les frais de culture du riz irrigué ont été financés avec un crédit de campagne (ou crédit productif) de lIMF 1 (1 million Ar) pris en décembre 2008 (garantie donnée : maison et rizière en propriété). Une partie du crédit a été investie dans la production rizicole, une autre dans le fonds de roulement de lépibar. A la récolte de riz, en fin mai 2009, la production de 5 tonnes a été divisée en 2,3 tonnes de stock pour le crédit stockage IMF 1 et 2,7 tonnes de stock personnel. Une petite partie du stock personnel a été vendue pour financer léchéance des frais décolage de juin 2009 (84 000 Ar) ; le reste du stock personnel est conservé avec lobjectif de le revendre à partir de septembre octobre 2009, quand les prix vont remonter et quand M.R. aura besoin dargent pour financer la rentrée des enfants (5 enfants en école privée = 200 000 Ar à la rentrée). Entre juin et septembre, la consommation familiale est essentiellement assurée par lachat de riz sur le marché (en juin juillet, les prix sont bas 400-450 Ar/kg) pour préserver le stock qui sera mieux valorisé à partir de septembre. Crédit montant élevé, réparti entre plusieurs activités du système Articulation production avec crédit productif et crédit stockage Vente du riz finance lécolage Stratégie de gestion du stock en fonction prix de vente Préférence pour approvisionnement alimentation familiale sur le marché pour préserver stock riz pour période de prix vente plus favorables Le crédit GCV obtenu (928 000 Ar) a permis de rembourser le crédit productif pris en décembre (1,036 million Ar, emprunté, 1,3 million à rembourser en fin juillet). Cette pratique est connue de lIMF 1, est encouragée, et figure dans le dossier de crédit. Daprès M.R., cet arrangement convient à chaque parti : lui même accède à un crédit productif qui lui permet de travailler et sait quil pourra rembourser sans problème avec son crédit stockage ; lIMF 1 est sure de voir son crédit productif remboursé. Le montant de crédit productif à rembourser étant plus important que le crédit stockage obtenu, M.R. a mobilisé 300 000 Ar sur les 500 000 Ar dépargne quil avait placé à lIMF 1 pour compléter le remboursement et rembourser deux semaines avant léchéance. Il aurait pu faire un stock stockage plus élevé permettant dobtenir un crédit égal au montant du crédit productif à rembourser (1,3M ar) ; mais il nétait pas bien informé du quantum appliqué il pensait que le quantum serait à 450 Ar/kg, alors quil na été que de 400 ar/kg. Quand il a eu la bonne information, le dossier était déjà fait et la demande ne pouvait plus être modifiée. Comme il disposait dépargne, cela na pas eu de conséquence sur le remboursement du crédit productif. Cependant, cela a eu des conséquences sur la demande de crédit commercial faite en juillet (voir plus loin). M.R. prévoit le remboursement du crédit stockage en décembre, avec la vente du stock lié au crédit. La veille du remboursement, il appellera le collecteur, discutera du prix du stock en se référant au cours du marché, le collecteur lui avancera largent pour permettre le déstockage. Il ne pense pas perdre beaucoup sur le prix proposé par le collecteur, mais cest un risque à prendre. Larticulation « crédit stockage remboursant crédit productif » est institutionnalisée par lIMF 1 et favorablement perçue et acceptée par lemprunteur qui y voit sécurisation et ne raisonne pas en terme de cout de crédit cumulé. Un dysfonctionnement dans cette stratégie lié à défaillance information sur les conditions de crédit (quantum), rattrapé par existence dune épargne déposée à lIMF 1 Crédit stockage remboursé avec vente stock lié au crédit moyennant un arrangement avec le collecteur et connu de lIMF 1 Le système de production agricole de M.R. comporte aussi des cultures en zone de tanet et de baibou. Ces terres sont exploitées en métayage (trois métayers), à 50/50. Outre la terre, M.R. fournit les semences de pois (40 000 Ar) et de haricot (25 000 Ar), financés en octobre novembre 2008 par la vente de riz. Il ne connaît pas la production totale de ces terres, mais sait quil a vendu pour 100 000 Ar de haricot et pois en mars-avril 2009. Pour le riz pluvial, le métayer fournit les semences ; M.R. na obtenu que 84 kg de riz pluvial en avril 2009 (les oiseaux ont ravagé la culture), dont il a vendu pour 36 000 Ar. Lexploitation de la forêt dont dispose M.R. (0,75ha) est épisodique. Elle fournit le bois à la famille et permet parfois des ventes ponctuelles à la boutique. Mais lensemble reste une activité marginale, et la forêt est loin. La part principale du revenu agricole vient du riz irrigué. En 2008, observant lexpérience de son frère, M.R. sest lancé dans lélevage de cochons. Il a pu vendre en janvier 2009, 7 porcelets à 70 000 Ar et deux adultes sous forme de viande à la boutique. Il a constitué ainsi une épargne de 510 000 Ar quil a placé sur un compte DAV à lIMF 1 dans loptique den faire lapport personnel pour accéder à un crédit commercial. Elevage de cochon à des fins de constitution dépargne, prévue pour constituer apport personnel dun crédit commercial important. Anticipation / gestion / apprentissage Lactivité de lépi-bar est au cur de la trésorerie du ménage. Elle est gérée conjointement par son épouse et lui même, son épouse assurant le plus souvent la vente à la boutique alors que lui soccupe des approvisionnements. Ceux ci sont quotidiens : il va à Ambat avec son vélo ou en moto taxi et ramène le stock pour une journée. Il a deux fournisseurs réguliers à Ambat, lun pour les biscuits et boissons alcoolisées, lautre pour les jus. Le fonds de roulement varie entre 50 et 100 000 Ar par voyage. Quand il investit 100 000 Ar, il dégage environ 50 000 Ar de bénéfice sur les ventes. Il travaille 6 jours sur 7. Il y a des mois plus favorables (mai-juin-juillet, mars avril et décembre). [Une estimation à partir de ces données nous conduit à retenir une fourchette basse de bénéfice de 600 000 Ar/mois pour les mois favorables et de 300 000 Ar /mois les mois moins favorables. Lépi- bar est tenu par la famille. Lactivité est sujette à deux impots : la patente de 150 000 Ar versée en trois tranches de 50 000 Ar chacune, en janvier- juillet et décembre ; la licence 100 000 Ar versée en une fois (juillet ?). Les coûts de juillet sont règlées par une vente de stock de riz (100 000 Ar) et les revenus de lépibar. Laccès au crédit commercial IMF 1 en 2008 lui a permis daugmenter son fonds de roulement de lépi bar et davoir toujours des étagères bien garnies dans sa boutique, ce qui est important pour attirer et fidéliser la clientèle. Il va investir une petite partie seulement du crédit commercial IMF 1 quil va contracter en aout 2009 dans laugmentation du fonds de roulement. Cependant, il ne souhaite pas augmenter son stock de marchandises trop fortement car la sécurité nest pas bonne en ce moment. Pour cette raison, il nenvisage pas non plus pour linstant de faire des achats en gros pour une semaine par exemple, même si cela lui permettrait dobtenir de meilleurs prix et peut être de limiter les frais de déplacement. Activité commerciale centrale dans le système dactivité : génère revenus, trésorerie, capacité dinvestissement Le crédit IMF 1 a permis daugmenter le fonds de roulement, la qualité du stock et, ce faisant détendre et de fidéliser la clientèle de lépibar, donc daugmenter le montant et la régularité des revenus. Plusieurs limites dans la stratégie de développement de lactivité épi bar : la taille du local, la faible sécurité des bâtiments qui conduit M.R. à préférer garder un stock faible et rechercher une rotation de capital rapide Les revenus de lépi-bar servent à faire vivre la famille au quotidien, contribuent aux frais de scolarité, servent à payer les impôts, et à rembourser le crédit commercial. Le crédit commercial IMF 1 de 1 million contracté en aout 2008 a été remboursé par échéances mensuelles de 70 000 Ar de aout à décembre, puis 50 000 Ar/ mois de janvier à mars, puis deux tranches de solde en juin (65 000 Ar) et juillet (65 000 Ar). M.R. ne se rappelle pas du taux dintérèt appliqué, mais de la somme globale quil a remboursée : 629 000 Ar. Revenus de lactivité commerciale sont la base de la trésorerie familiale et des remboursements demprunt M. R. a une demande de crédit commercial en cours auprès de lIMF 1. Il a remboursé le crédit productif deux semaines avant léchéance de fin juillet pour pouvoir accéder plus tôt à ce crédit commercial quil veut utiliser partiellement pour collecter de riz et augmenter le fond de roulement de lépibar. Pour la collecte de riz, il a intérêt à accéder le plus rapidement possible à ce crédit commercial pour pouvoir acheter du riz à des prix le plus bas possible sur le marché. Au moment de lenquête, en deuxième semaine de juillet, les prix du riz remontaient déjà (480 Ar/kg) et les conditions pour la collecte étaient donc moins favorables. Cependant, M.R. table sur le fait quil va y avoir en août un moment où les producteurs de riz ont à rembourser leur crédit productif IMF 1 et IMF 2 et que ceux qui nont pas fait de crédit stockage devront trouver de largent liquide pour le remboursement ; beaucoup dentre eux seront à cours dargent et donc prêts à vendre des stocks à des prix plus bas. Il compte profiter de ce moment là pour faire sa collecte avec le crédit commercial obtenu de l'IMF 1 en fin juillet. Le crédit demandé est dun montant de 2 millions (sa demande de crédit a doublé par rapport au précédent crédit commercial pris en aout 2008 (1 million)). Pour obtenir 2 millions, il dispose des garanties nécessaires (maison et rizière en propriété) et doit fait un apport personnel de 400 000 Ar. Il avait constitué son épargne placée à lIMF 1 dans cette optique. Le malentendu sur le quantum crédit stockage la conduit à utiliser une partie de cette épargne et il ne dispose donc plus que de 190 000 Ar pour lapport personnel. Il va compléter en vendant une partie de son stock de riz (210 000 Ar). Il compte utiliser ce crédit commercial pour 1) faire de la collecte 2) augmenter son fonds de roulement pour lépi-bar 3) financer, à partir doctobre 2009 les travaux de la campagne rizicole 2009, notamment la nouvelle rizière quil vient dacquérir ; il a aussi lespoir de ne pas avoir à recourir au crédit PRO en 2009 pour financer la campagne rizicole ou au moins de ne pas avoir à prendre un montant de crédit productif trop important. Comme une partie des dépenses envisagées avec ce crédit commercial obtenu en fin juillet ne sera engagée qu'en octobre, il pense déposer une partie de largent obtenu sur son compte Epargne à vue à lIMF 1. Il sait que ce compte ne produit pas dintérèt, mais cela permettra de mettre largent à labri des tentations. Cependant, cette partie de stratégie (dépôt à vue) dépendra des conditions de la collecte, si les conditions sont bonnes, il investira toute la somme dans la collecte et revendra le stock pour financer les travaux rizicoles. Augmentation des capacités de trésorerie conduit à faire activité de collecte de riz Stratégie fine de constitution et de gestion stocks/ fonds de roulement pour la collecte en fonction dune connaissance fine du marché local Service dépargne à vue apprécié pour mise à labri des tentations ; le fait que pas de rémunération de lépargne na pas été évoqué comme un problème ou facteur limitant Lamélioration de sa situation lui permet aujourdhui à son tour de prêter de largent. Ainsi, en janvier 2009, il a prêté 300 000 Ar à une personne de son entourage qui a remboursé une tonne de riz à la récolte. Le prix du marché était alors de 400 Ar/kg, la personne a donc remboursé 400 000 Ar au bout de 6 mois. Lamélioration de sa situation financière conduit M.R. à devenir prêteur privé à son tour. Les conditions de prêt consenties sont nettement plus modérées que les conditions de la vente sur pied antérieure (1vaty remboursé 4 vaty). La microfinance comme facteur de modération des pratiques usuraires ? Perception des institutions financières et du crédit « Quest ce que ladhésion à IMF 1 a changé pour vous ? » M.R. nous dit que depuis quil a du crédit à lIMF 1, les étagères de son épicerie sont toujours remplies, ce qui permet de faire mieux marcher, gagner des nouveaux clients. Les crédits IMF 1 lui ont permis de se dégager de la vente sur pied et des dettes de très long terme que cela entraînait. Il a « un autre regard sur les activités » (un raisonnement entrepreneurial ?). Accès au crédit formel a permis le développement dactivité non agricole, lamélioration globale des résultats du système dactivité, et la sortie du crédit informel. Dans son fonkontany, il avait le choix entre adhérer à lIMF 1 ou aux CECAM. Les conditions de crédit proposées par lune et lautre étaient très proches en 2007. Mais le réseau IMF 2avait la réputation de retard dans loctroi des crédits (M.R. a vécu ce cas dans sa famille), alors que lIMF 1 navait jamais eu ce problème. Cest le principal facteur qui la décidé à choisir lIMF 1. Arbitrage entre IF sur le crédit de la fiabilité de loctroi de crédit et sur la base de la réputation Il ne sait pas ce que cest quune institution financière mutualiste. Il sait que lIMF 1 appartient à ses membres. Etre membre cest avoir le droit de déposer et de retirer son argent, de demander un crédit. Il na jamais participé à une Assemblée Générale, il pense quil ny en a pas eu depuis décembre 2007, lors de son adhésion. Une AG sert à informer les membres sur les projets de lIMF 1, les différents produits, ainsi que des points divers. Il ne sait pas qui dirige lIMF 1, peut-être un « DG ». Le rôle des élus est de sélectionner les gens qui ont droit de prendre du crédit. Il a des élus partout, ils connaissent les gens et peuvent identifier leur capacité par rapport au crédit. Faible connaissance et appropriation du système mutualiste LIMF 1 traite bien ses membres, il est content de sa relation avec elle et souhaite poursuivre cette relation, à travers le crédit stockage, peut-être le crédit productif, le crédit commercial et peut être le crédit investissement. Mais il a aussi pour objectif de se dégager du crédit quand il le pourra. Perception positive de lIMF Betty Wampfler Montpellier SupAgro / MOISA <mailto:betty.wampfler@...> betty.wampfler@... Emmanuelle Bouquet CIRAD Emmanuelle.bouquet@... Eliane Ralison FOFIFA <mailto:eralison@...> eralison@... ---------------------------------------------------------------------------- ---------- Pour s'inscrire (ou se désinscrire) à EspaceFinance et recevoir les BIM, envoyez un message à espacefinance_request@... avec dans le corps du message uniquement le mot SUBSCRIBE (ou UNSUBSCRIBE). Ne pas spécifier l'objet du message. Pour diffuser un message à la liste, envoyez-le à espacefinance@... (vous devez être inscrit). Les BIM sont produits depuis 1999 par les équipes microfinance du Gret et du Cirad à titre volontaire. Vous pouvez accéder au site Pôle Microfinancement à ladresse http://microfinancement.cirad.fr/present.html Si vous souhaitez proposer un BIM, contactez mboke@.... ---------------------------------------------------------------------------- ------------ Bonjour à tous, Il est fréquent de trouver à la fin
d’une évaluation de projet appuyant un système de crédit, une
recommandation sur la nécessité de renforcer les capacités de gestion
financière des ménages. Le stéréotype du pauvre, du pauvre paysan en
particulier, analphabète en matière de gestion financière, a la vie dure.
Pourtant, dans de nombreuses situations rurales, on observe une grande
complexité des pratiques financières des ménages. Cette complexité des
pratiques est renforcée par l’insertion croissante des populations
rurales dans le marché, par la diversification des activités économiques, la
multiplication des institutions financières et l’ouverture d’une
gamme large de crédits. Une étude en cours dans le cadre du projet
ANR Rural Microfinance and Employement (Rume) met en évidence cette complexité
des pratiques financières des ménages ruraux dans le cas du Lac Aloatra à
Madagascar. Cette région, située à 250 km au nord-est d’Antananarivo est
considérée comme l’un des deux plus importants greniers à riz de
Madagascar. Le cœur de cette région, la périphérie aménagée du Lac
Alaotra, est caractérisée par un fort degré d’activités économiques
impulsé par la production rizicole, renforcé par la diversification des
activités d’agriculture (cultures de contre saison) et d’élevage
(canards, oies, porcs, vaches laitières…) et par les activités rurales
induites (commerce, artisanat, activités de loisir…). Les institutions financières
sont fortement présentes dans cette zone : banques commerciales (BOA,
BNI), microfinance (réseaux mutualistes Otiv et Cecam), projets à volet de
crédit, financeurs privés (Société Silac), finance informelle (commerçants,
collecteurs de riz…). Centrée sur une méthode de recherche faisant
une large place à l’analyse qualitative des pratiques financières des
ménages, l’étude met en évidence au sein de toutes les catégories de
ménages, des plus pauvres aux plus aisés, des pratiques de
« jonglage » financier : face à leurs multiples besoins
financiers, les ménages mobilisent sur des pas de temps variables, de multiples
sources de financement, (revenus d’activités, ventes de stocks, épargne,
crédit formel et informel, ventes d’actifs...) et les combinent en des
rotations plus ou moins rapides, guidées tantôt par un calcul – parfois
très fin – tantôt par des impératifs dictés par l’environnement
extérieur (saisir une opportunité, réagir à un choc). Dans ce travail, la
notion de calcul n’est pas utilisée dans une acception purement
économique ou monétaire. Elle renvoie plutôt aux « cadres de calcul »
mobilisés par le courant de la sociologie de la traduction. L’analyse de
ces cadres de calcul permettra notamment de questionner certaines relations
d’équivalence : évaluer les différentes options de crédit formel et
informel ne se réduit pas à comparer des sommes de coûts de transaction et de
coûts financiers ; au-delà de leur valeur monétaire, les différentes
catégories d’actifs ne sont pas équivalentes vis-à-vis de l’éventualité
d’une liquidation, etc. Les formes de ce « jonglage »
financier sont multiples. Le jonglage peut valoriser les potentialités des
systèmes d’activités économiques locaux, notamment par combinaison
d’activités à rotation de capital rapide (commerce, élevage à cycle
court…) avec des activités nécessitant une immobilisation de capital plus
longue (production agricole, élevage bovin...). Il peut s’appuyer sur la
gestion des stocks agricoles, en combinant les ventes immédiates après la
récolte avec des ventes de stock différées quand les prix sont meilleurs. Il
peut mobiliser des combinaisons de crédit formel et informel, de crédit et
d’épargne de différente nature. Il peut s’appuyer sur le cercle
vertueux de l’accumulation d’actifs pouvant servir de garanties
pour élargir l’accès au crédit, mais aussi sur la liquidation
d’actifs face à un besoin de financement urgent et imprévu. Loin d’être seulement une forme de
gestion de crise, ces pratiques de « jonglage » sont mobilisées par
les ménages dans toutes les situations de la vie courante en fonction de
plusieurs types de logiques et de finalités. Elles peuvent être une réponse à
des besoins de trésorerie prévus (frais de campagne agricole, école,
remboursement de dette…). Elles peuvent participer à une stratégie
construite d’accumulation d’actifs (investissement – parfois
acrobatique – dans un premier actif qui va constituer la garantie pour un
crédit d’investissement ultérieur…). Elles peuvent être aussi, bien
sûr, une réponse à un choc (dépenses de santé, décès, perte de
troupeau…). Elles peuvent enfin être induites par des dysfonctionnements
du système financier (un crédit octroyé avec du retard alors qu’une
activité économique était planifiée en fonction d’un calendrier donné…). Ces pratiques de jonglage sont observées dans
toutes les catégories de ménages, avec des variantes dans les logiques, les
contraintes et les effets. Même si elles s’inscrivent dans un continuum,
et sont ponctuées de contre-exemples, des tendances se dessinent qui recoupent
les clivages économiques. Au sein des ménages les plus pauvres, les pratiques
de jonglage prennent plus souvent une dimension réactive, marquée par
l’urgence, la précarité et la prise de risque. Au sein des ménages les
plus aisés, elles vont porter sur des sommes plus importantes et
s’insérer plus souvent dans des stratégies proactives
d’accumulation, d’intensification et de diversification. La multiplication des institutions
financières dans la région du Lac Alaotra a contribué à renforcer et à
diversifier ces pratiques de jonglage. De même, l’offre d’une gamme
de crédits (crédit de campagne, crédit de stockage, de commercialisation,
d’investissement…) a élargi les possibilités de jonglage. Cette
nouvelle configuration se présente davantage comme un empilement
d’options et de pratiques que comme un processus de substitution de
l’informel par le formel. Elle offre aux ménages du Lac Alaotra des
opportunités d’intensification de leurs activités économiques et
financières, mais comporte aussi des risques, plus marqués pour les ménages les
plus pauvres. Le texte qui suit est une monographie
d’enquête auprès d’un ménage de cette région du lac Alaotra. Cette
monographie éclaire différentes pratiques de jonglage par un ménage
« moyen» en terme de patrimoine et de revenu (dans la typologie des
ménages de cette région) en cours d’accumulation et parvenant à valoriser
positivement l’offre des institutions financières. Nous reviendrons dans un BIM ultérieur sur la
méthode d’enquête mise en oeuvre dans cette étude RUME, combinant
quantitatif et qualitatif. Cette monographie, réalisée en juillet 2009 est
extraite de l’enquête qualitative. Les phrases surlignées sont des
éléments de synthèse, permettant une exploitation ultérieure et la comparaison
entre les 80 enquêtes qualitatives produites dans l’étude. MONOGRAPHIE
M. R. du fonkontany (zone
administrative correspondant approximativement à un village)
d’Ambohibotava M.R. a 46 ans, il vit à Ambibotava, à 7 km du
centre de la ville d’Ambatondrazaka, dans une zone de périmètre irrigué,
bien reliée à la ville (10 mn en voiture, nombreuses liaisons en taxi brousse
sur une piste facile d’accès). Il habite au centre du fonkontany, sur la
place principale. Proche
ville, route, services, infrastructure Il est marié, son épouse a 34 ans, ils ont 7
enfants, agés de 18 à 4 ans. Tous sont scolarisés, 5 en école privée, (les deux
aînés à Ambatondrazaka, les trois derniers à Ambibotava), les deux autres sont
au CEG public à Ambohibotava. Famille
nombreuse, avec enfants encore jeunes, effort important de scolarisation (tous,
dont 5/7 en école privée) ; frais de scolarisation élevés (cf. plus bas) M.R. a été scolarisé jusqu’à la classe
de première, son épouse jusqu’en 4ème. Pas d’autre formation depuis
qu’ils ont quitté l’école. Niveau
de formation moyen Le ménage a des activités d’agriculture,
d’élevage ; il possède un épibar au centre du Fonkontany, géré par
Monsieur et Madame ; épisodiquement, M.R. vend du bois de chauffe, extrait
de la foret qu’il possède à ? km. Système
d’activité pluriactif agriculture/commerce M.R. est trésorier de l’association
locale des usagers de l’eau. Il est membre de l’IMF 1 depuis
2007. Capital
social + Accès
à IMF Patrimoine
En 2009, M.R. est propriétaire de 4 ha de rizière,
2 ha de tanety, 1 ha de baibou, 0,75 ha de foret, hérité de sa grand-mère en
2005 et 3,25 ha de rizière hors maille (RMME= rizière à mauvaise maitrise de
l’eau) qu’il vient d’acheter en 2008. Gros
propriétaire foncier De cet ensemble de terres, il
n’exploite actuellement en faire valoir direct que 1,25 ha de rizière et
0,75 ha de forêt. Après avoir hérité des terres en 2005, il a donné en location
pour 3 ans 2,75 ha de rizière proche car avait besoin d’argent ; les
tanet et baibou sont donnés en métayage (50/50) car trop loin pour être
cultivés par lui. Ses beaux-parents lui ont proposé d’exploiter une
partie de leurs terres, mais il a refusé car manque de temps. Mais
n’exploite qu’une surface « moyenne (1,25) de rizière par
manque d’argent, de temps et localisation éloignée Il possède en propriété 5 petites maisons
tout autour de son epibar, 2 ont été héritées, 3 ont été construites.
L’une a l’électricité et des latrines, les autres non. Patrimoine
immobilier «niveau moyen » acquis progressivement par héritage et
construction En juillet 2009, Il possédait 3 bœufs de
trait, achetés entre 2000 et 2005, d’une valeur actuelle d’environ
1,2 Million d’Ar. Jusqu’à janvier 2009, il possédait des porcs
qu’il a revendus Patrimoine
cheptel « moyen » bovin et porc Son équipement agricole est limité à une
charrue héritée de son père, et du petit outillage. En utilisant les revenus de
sa production de riz, les revenus de l’épibar et les revenus
d’activité ponctuelle de production de brique, il a concentré son effort
sur l’acquisition d’équipement pour son épibar (bascule, balance,
bicyclettes (3). Le ménage possède un salon, 2 machines à coudre, une
télévision acquise plus récemment. Peu
d’équipement agricole mais effort d’équipement activité non
agricole et début d’équipement de loisir pour la famille Trajectoire
M.R. s’est installé avec son épouse en 1990. Avant son mariage,
il exploitait déjà un lopin de terre confié en métayage par sa grand-mère. Son
père lui avait donné une charrue. Lors de son mariage, sa famille lui a confié
2 ha de rizière en métayage (1 ha par grand-mère, 1 ha par grand père). En
1992, son grand père lui confie un troupeau de 31 zébus et des bœufs de
trait.
Une dotation
initiale favorable, mais en confiage/métayage
Très vite, après son mariage, son épouse installe une petite gargotte
dans leur maison, dont le fonds de roulement initial a été prélevé sur les
revenus de la vente de riz.
Diversification
précoce des activités valorisant l’environnement « urbain »
Un premier enfant nait en fin 1990, six autres
enfants naîtront ensuite (1993, 1996, 1998, 2000, 2002, 2005). Tout en élevant
ses enfants, Madame R. tient sa gargotte dont les revenus permettent de
renouveler les stocks sans beaucoup développer l’activité.
En 1996, tous les zébus et bœufs de trait sont
volés. M.R. essayera progressivement de reconstituer le troupeau avec les
revenus de la vente de riz. Il arrive à racheter deux zébus en 1997, et deux
autres en 1998.
Choc
= vol troupeau et boeufs de trait qui prive de capacité de labour et
d’investissement
En 1999, il accède à un crédit de la banque BTM
qu’il utilise pour la production de riz et qu’il ne remboursera
pas, suite à la crise qu’à connu la BTM à cette période.
Un recours ponctuel à crédit BTM, non remboursé
En 2000, sa grand-mère tombe malade ; sa
maladie se prolongera jusqu’en 2003, date de son décès. La maladie
entraîne des dépenses de santé importantes pendant toutes ces années.
L’arrivée de nouveaux enfants renforce les dépenses familiales du ménage.
Ainsi, en 2002, à l’arrivée du 6ème enfant, M.R. est obligé de donner une
parcelle de 0,5 ha en métayage pour obtenir l’argent nécessaire aux
cérémonies.
Choc
= Maladie dans la famille qui entraîne dépenses et soucis A partir de 2000, il sera obligé de prendre chaque
année jusqu’en 2005 un crédit auprès d’un collecteur privé, sous
forme de vente sur pied. Le coût du crédit est très élevé (1 vat riz emprunté à
la soudure devra être remboursé 4 vat à la récolte). En 2008, il remboursait
encore au collecteur une dette de 2005. En début 2009, il est arrivé enfin à se
dégager de cette dette. Recours à vente sur pied pendant
plusieurs années La légalisation des terres et maisons héritées de la
grand-mère a pris du temps (2004-2007) et a eu un cout élevé. Pendant toute
cette période, M.R. a concentré ses efforts sur cette légalisation. Effort important consenti pour
légaliser des titres de propriété après le décès de la grand-mère A partir de 2006, après le décès de sa grand-mère, avec des enfants
devenant plus grands (?), et la légalisation des titres en cours, les
préoccupations familiales de M.R. s’allègent, il a plus de temps pour
réfléchir, prendre des initiatives. Il observe que sa gargotte et une petite
maison dont il a hérité de sa grand-mère sont situées sur la place du
marché du village, sur un axe routier fréquenté, qu’il y a besoin
d’une épicerie et que la concurrence est faible. Il décide alors
d’aménager un épi bar et utilise les revenus de la vente de riz pour
constituer son premier stock et acheter une bascule et une balance roberval.
L’épi-bar fonctionne d’emblée très bien et génère des bénéfices
qui permettent d’améliorer le financement de la production de riz (2007),
de développer l’élevage de porcs (2008), d’acheter une rizière (RMME)
de 3,25 ha (à prix « modéré » car située dans une zone mal drainée)
(2008) et de mettre les deux derniers enfants à l’école privée (2008).
Un héritage avec
titre de propriété et un allègement des préoccupations familiales permettent de
valoriser une opportunité d’activité commerciale offerte par un
environnement de marché qui se développe favorablement ; des résultats
importants sont obtenus très rapidement et permettent d’amorcer une
dynamique de capitalisation productive et familiale
En 2007, il voit qu’il a besoin de fonds supplémentaires pour
développer son épicerie. Il ne souhaite pas avoir recours au crédit informel,
trop coûteux et dont il est juste en train de s’extraire. Il
s’intéresse alors aux IMF auxquelles il pense pouvoir avoir accès car il
dispose maintenant de biens (terre en propriété, meubles, télévision...)
pouvant être mis en garantie. Son frère et son beau père ont l’un et
l’autre pris du crédit auprès du réseau IMF 2 et ont eu à affronter
chaque fois un problème de retard d’octroi de crédit ; son beau père
a été même été contraint de s’endetter auprès d’un usurier pour
résoudre le dernier problème en date. Le réseau IMF 1 n’ayant pas ce
problème, demandant les mêmes taux d’intérêt que l’IMF 2 et
traitant bien ses membres, lui a paru plus intéressant que le réseau IMF2. Il a
adhéré à l’IMF 1 en fin 2007. Il a pris d’abord un crédit
commercial d’1 million d’Ar qui lui a permis d’améliorer
l’approvisionnement de son épi bar. En décembre 2008, il a pris un crédit
productif d’1 million d’Ar investi dans l’épi-bar et dans la
riziculture. En juillet 2009, il a pris un crédit de stockage (928 000 Ar)
qui lui a permis de développer une nouvelle activité, la collecte. Ses
disponibilités monétaires lui permettent aussi maintenant de prêter de
l’argent.
Besoins de fonds
pour développer l’activité commerciale
Héritage
et capitalisation antérieure permettent d’envisager l’accès aux IMF Choix
de l’IMF 1 car IMF 2 a réputation de retards d’octroi de crédit Au
sein de l’IMF il a d’emblée accès à un crédit relativement
important qu’il injecte dans son activité commerciale L’accès
à différents crédits successifs permet d’amplifier, d’accélérer le
développement de l’activité commerciale, d’améliorer la production
agricole et d’engager une diversification vers l’activité de
collecte de riz. Il a pour projet de mettre en culture la rizière
achetée en 2008, jusqu’à présent inexploitée car nécessitant des travaux
de drainage assez couteux. Il veut aussi acheter un motoculteur kubota avec une
remorque, pour un montant total de 5 millions d’Ar. Il envisage de le
prendre à crédit – bail, auprès de l’IMF 1. Mais rien ne presse. Il
veut d’abord s’assurer que les activités se développent bien,
qu’il sera capable de rembourser. Il a donc préféré prendre encore un
crédit commercial en juillet 2009 pour l’investir dans son activité
d’épi bar et de collecte de riz.
Une
spirale positive d’accumulation semble se mettre en place, dans laquelle
l’accès au crédit formel de la microfinance joue un rôle d’accélérateur
de développement et
semble soutenue par une capacité de gestion prévision, apprentissage Système d’activité et pratiques de
financement juin 2008 - juillet 2009
De juin 2008 à juillet 2009, le système
d’activité de M.R. a combiné agriculture, élevage et une activité
commerciale, l’épi-bar. Le système de production végétale comprend du
riz irrigué (semé en novembre – récolté en fin mai -juin, des cultures de
tanet : riz pluvial, haricot, pois de terre (semées en novembre –
récolté en mars avril). Système
d’activité pluriactif Les frais de culture du riz irrigué ont été
financés avec un crédit de campagne (ou crédit productif) de l’IMF 1 (1
million Ar) pris en décembre 2008 (garantie donnée : maison et rizière en
propriété). Une partie du crédit a été investie dans la production rizicole,
une autre dans le fonds de roulement de l’épibar. A la récolte de riz, en
fin mai 2009, la production de 5 tonnes a été divisée en 2,3 tonnes de stock
pour le crédit stockage IMF 1 et 2,7 tonnes de stock personnel. Une petite
partie du stock personnel a été vendue pour financer l’échéance des frais
d’écolage de juin 2009 (84 000 Ar) ; le reste du stock personnel est
conservé avec l’objectif de le revendre à partir de septembre octobre 2009,
quand les prix vont remonter et quand M.R. aura besoin d’argent pour
financer la rentrée des enfants (5 enfants en école privée = 200 000 Ar à
la rentrée). Entre juin et septembre, la consommation familiale est
essentiellement assurée par l’achat de riz sur le marché (en juin
juillet, les prix sont bas 400-450 Ar/kg) pour préserver le stock qui sera
mieux valorisé à partir de septembre. Crédit
montant élevé, réparti entre plusieurs activités du système Articulation
production avec crédit productif et crédit stockage Vente
du riz finance l’écolage Stratégie
de gestion du stock en fonction prix de vente Préférence
pour approvisionnement alimentation familiale sur le marché pour préserver
stock riz pour période de prix vente plus favorables Le crédit GCV obtenu (928 000 Ar) a permis de
rembourser le crédit productif pris en décembre (1,036 million Ar, emprunté,
1,3 million à rembourser en fin juillet). Cette pratique est connue de
l’IMF 1, est encouragée, et figure dans le dossier de crédit.
D’après M.R., cet arrangement convient à chaque parti : lui même
accède à un crédit productif qui lui permet de travailler et sait qu’il
pourra rembourser sans problème avec son crédit stockage ; l’IMF 1 est
sure de voir son crédit productif remboursé. Le montant de crédit productif à
rembourser étant plus important que le crédit stockage obtenu, M.R. a mobilisé
300 000 Ar sur les 500 000 Ar d’épargne qu’il avait placé
à l’IMF 1 pour compléter le remboursement et rembourser deux semaines
avant l’échéance. Il aurait pu faire un stock stockage plus élevé
permettant d’obtenir un crédit égal au montant du crédit productif à
rembourser (1,3M ar) ; mais il n’était pas bien informé du quantum
appliqué – il pensait que le quantum serait à 450 Ar/kg, alors
qu’il n’a été que de 400 ar/kg. Quand il a eu la bonne information,
le dossier était déjà fait et la demande ne pouvait plus être modifiée. Comme
il disposait d’épargne, cela n’a pas eu de conséquence sur le
remboursement du crédit productif. Cependant, cela a eu des conséquences sur la
demande de crédit commercial faite en juillet (voir plus loin). M.R. prévoit le
remboursement du crédit stockage en décembre, avec la vente du stock lié au
crédit. La veille du remboursement, il appellera le collecteur, discutera du
prix du stock en se référant au cours du marché, le collecteur lui avancera
l’argent pour permettre le déstockage. Il ne pense pas perdre beaucoup
sur le prix proposé par le collecteur, mais c’est un risque à prendre. L’articulation
« crédit stockage remboursant crédit productif » est institutionnalisée
par l’IMF 1 et favorablement perçue et acceptée par l’emprunteur
qui y voit sécurisation et ne raisonne pas en terme de cout de crédit
cumulé. Un
dysfonctionnement dans cette stratégie lié à défaillance information sur les
conditions de crédit (quantum), rattrapé par existence d’une épargne
déposée à l’IMF 1 Crédit
stockage remboursé avec vente stock lié au crédit moyennant un arrangement avec
le collecteur et connu de l’IMF 1 Le système de production agricole de M.R. comporte
aussi des cultures en zone de tanet et de baibou. Ces terres sont exploitées en
métayage (trois métayers), à 50/50. Outre la terre, M.R. fournit les semences
de pois (40 000 Ar) et de haricot (25 000 Ar), financés en octobre
novembre 2008 par la vente de riz. Il ne connaît pas la production totale de
ces terres, mais sait qu’il a vendu pour 100 000 Ar de haricot et
pois en mars-avril 2009. Pour le riz pluvial, le métayer fournit les
semences ; M.R. n’a obtenu que 84 kg de riz pluvial en avril 2009
(les oiseaux ont ravagé la culture), dont il a vendu pour 36 000 Ar. L’exploitation de la forêt dont dispose M.R.
(0,75ha) est épisodique. Elle fournit le bois à la famille et permet parfois
des ventes ponctuelles à la boutique. Mais l’ensemble reste une activité
marginale, et la forêt est loin. La part principale du revenu
agricole vient du riz irrigué. En 2008, observant l’expérience de son frère,
M.R. s’est lancé dans l’élevage de cochons. Il a pu vendre en
janvier 2009, 7 porcelets à 70 000 Ar et deux adultes sous forme de viande
à la boutique. Il a constitué ainsi une épargne de 510 000 Ar qu’il
a placé sur un compte DAV à l’IMF 1 dans l’optique d’en faire
l’apport personnel pour accéder à un crédit commercial. Elevage de cochon à des fins de
constitution d’épargne, prévue pour constituer apport personnel
d’un crédit commercial important. Anticipation / gestion / apprentissage
L’activité de l’épi-bar est au cœur
de la trésorerie du ménage. Elle est gérée conjointement par son épouse et lui
même, son épouse assurant le plus souvent la vente à la boutique alors que lui
s’occupe des approvisionnements. Ceux ci sont quotidiens : il va à
Ambat avec son vélo ou en moto taxi et ramène le stock pour une journée. Il a
deux fournisseurs réguliers à Ambat, l’un pour les biscuits et boissons
alcoolisées, l’autre pour les jus. Le fonds de roulement varie entre 50
et 100 000 Ar par voyage. Quand il investit 100 000 Ar, il dégage
environ 50 000 Ar de bénéfice sur les ventes. Il travaille 6 jours sur 7.
Il y a des mois plus favorables (mai-juin-juillet, mars avril et décembre).
[Une estimation à partir de ces données nous conduit à retenir une fourchette
basse de bénéfice de 600 000 Ar/mois pour les mois favorables et de
300 000 Ar /mois les mois moins favorables. L’épi- bar est tenu par
la famille. L’activité est sujette à deux impots : la patente de
150 000 Ar versée en trois tranches de 50 000 Ar chacune, en janvier-
juillet et décembre ; la licence 100 000 Ar versée en une fois
(juillet ?). Les coûts de juillet sont règlées par une vente de stock de
riz (100 000 Ar) et les revenus de l’épibar. L’accès au crédit
commercial IMF 1 en 2008 lui a permis d’augmenter son fonds de roulement
de l’épi bar et d’avoir toujours des étagères bien garnies dans sa
boutique, ce qui est important pour attirer et fidéliser la clientèle. Il va
investir une petite partie seulement du crédit commercial IMF 1 qu’il va
contracter en aout 2009 dans l’augmentation du fonds de roulement.
Cependant, il ne souhaite pas augmenter son stock de marchandises trop
fortement car la sécurité n’est pas bonne en ce moment. Pour cette
raison, il n’envisage pas non plus pour l’instant de faire des
achats en gros pour une semaine par exemple, même si cela lui permettrait
d’obtenir de meilleurs prix et peut être de limiter les frais de
déplacement. Activité commerciale centrale dans le système
d’activité : génère revenus, trésorerie, capacité
d’investissement Le crédit IMF 1 a permis
d’augmenter le fonds de roulement, la qualité du stock et, ce faisant
d’étendre et de fidéliser la clientèle de l’épibar, donc
d’augmenter le montant et la régularité des revenus. Plusieurs limites
dans la stratégie de développement de l’activité épi bar : la taille
du local, la faible sécurité des bâtiments qui conduit M.R. à préférer garder
un stock faible et rechercher une rotation de capital rapide Les revenus de l’épi-bar servent à
faire vivre la famille au quotidien, contribuent aux frais de scolarité,
servent à payer les impôts, et à rembourser le crédit commercial. Le crédit
commercial IMF 1 de 1 million contracté en aout 2008 a été remboursé par
échéances mensuelles de 70 000 Ar de aout à décembre, puis 50 000 Ar/
mois de janvier à mars, puis deux tranches de solde en juin (65 000 Ar) et
juillet (65 000 Ar). M.R. ne se rappelle pas du taux d’intérèt
appliqué, mais de la somme globale qu’il a remboursée : 629 000
Ar. Revenus
de l’activité commerciale sont la base de la trésorerie familiale et des
remboursements d’emprunt M. R. a une demande de crédit commercial en cours
auprès de l’IMF 1. Il a remboursé le crédit productif deux semaines avant
l’échéance de fin juillet pour pouvoir accéder plus tôt à ce crédit
commercial qu’il veut utiliser partiellement pour collecter de riz et
augmenter le fond de roulement de l’épibar. Pour la collecte de riz, il a
intérêt à accéder le plus rapidement possible à ce crédit commercial pour
pouvoir acheter du riz à des prix le plus bas possible sur le marché. Au moment
de l’enquête, en deuxième semaine de juillet, les prix du riz remontaient
déjà (480 Ar/kg) et les conditions pour la collecte étaient donc moins
favorables. Cependant, M.R. table sur le fait qu’il va y avoir en août un
moment où les producteurs de riz ont à rembourser leur crédit productif IMF 1
et IMF 2 et que ceux qui n’ont pas fait de crédit stockage devront
trouver de l’argent liquide pour le remboursement ; beaucoup
d’entre eux seront à cours d’argent et donc prêts à vendre des stocks
à des prix plus bas. Il compte profiter de ce moment là pour faire sa collecte
avec le crédit commercial obtenu de l'IMF 1 en fin juillet. Le crédit demandé
est d’un montant de 2 millions (sa demande de crédit a doublé par rapport
au précédent crédit commercial pris en aout 2008 (1 million)). Pour obtenir 2
millions, il dispose des garanties nécessaires (maison et rizière en propriété)
et doit fait un apport personnel de 400 000 Ar. Il avait constitué son
épargne placée à l’IMF 1 dans cette optique. Le malentendu sur le quantum
crédit stockage l’a conduit à utiliser une partie de cette épargne et il
ne dispose donc plus que de 190 000 Ar pour l’apport personnel. Il va
compléter en vendant une partie de son stock de riz (210 000 Ar). Il
compte utiliser ce crédit commercial pour 1) faire de la collecte 2) augmenter
son fonds de roulement pour l’épi-bar 3) financer, à partir
d’octobre 2009 les travaux de la campagne rizicole 2009, notamment la
nouvelle rizière qu’il vient d’acquérir ; il a aussi l’espoir
de ne pas avoir à recourir au crédit PRO en 2009 pour financer la campagne
rizicole ou au moins de ne pas avoir à prendre un montant de crédit productif
trop important. Comme une partie des dépenses envisagées avec ce crédit
commercial obtenu en fin juillet ne sera engagée qu'en octobre, il pense
déposer une partie de l’argent obtenu sur son compte Epargne à vue à
l’IMF 1. Il sait que ce compte ne produit pas d’intérèt, mais cela
permettra de mettre l’argent à l’abri des tentations. Cependant,
cette partie de stratégie (dépôt à vue) dépendra des conditions de la collecte,
si les conditions sont bonnes, il investira toute la somme dans la collecte et
revendra le stock pour financer les travaux rizicoles. Augmentation des capacités de
trésorerie conduit à faire activité de collecte de riz Stratégie fine de constitution
et de gestion stocks/ fonds de roulement pour la collecte en fonction
d’une connaissance fine du marché local Service d’épargne à vue
apprécié pour mise à l’abri des tentations ; le fait que pas de
rémunération de l’épargne n’a pas été évoqué comme un problème ou
facteur limitant L’amélioration de sa situation lui permet
aujourd’hui à son tour de prêter de l’argent. Ainsi, en janvier
2009, il a prêté 300 000 Ar à une personne de son entourage qui a
remboursé une tonne de riz à la récolte. Le prix du marché était alors de 400
Ar/kg, la personne a donc remboursé 400 000 Ar au bout de 6 mois. L’amélioration de sa
situation financière conduit M.R. à devenir prêteur privé à son tour. Les
conditions de prêt consenties sont nettement plus modérées que les conditions
de la vente sur pied antérieure (1vaty remboursé 4 vaty). La microfinance comme
facteur de modération des pratiques usuraires ? Perception des
institutions financières et du crédit « Qu’est ce que l’adhésion à IMF 1 a
changé pour vous ? » M.R. nous dit que depuis qu’il a du crédit à
l’IMF 1, les étagères de son épicerie sont toujours remplies, ce qui
permet de faire mieux marcher, gagner des nouveaux clients. Les crédits IMF 1
lui ont permis de se dégager de la vente sur pied et des dettes de très long
terme que cela entraînait. Il a « un autre regard sur les
activités » (un raisonnement entrepreneurial ?). Accès au crédit formel a permis
le développement d’activité non agricole, l’amélioration globale
des résultats du système d’activité, et la sortie du crédit informel.
Dans son fonkontany, il avait le choix entre adhérer à
l’IMF 1 ou aux CECAM. Les conditions de crédit proposées par l’une
et l’autre étaient très proches en 2007. Mais le réseau IMF 2avait la
réputation de retard dans l’octroi des crédits (M.R. a vécu ce cas dans
sa famille), alors que l’IMF 1 n’avait jamais eu ce problème.
C’est le principal facteur qui l’a décidé à choisir l’IMF 1. Arbitrage entre IF sur le crédit
de la fiabilité de l’octroi de crédit et sur la base de la réputation Il ne sait pas ce que c’est qu’une
institution financière mutualiste. Il sait que l’IMF 1 appartient à ses
membres. Etre membre c’est avoir le droit de déposer et de retirer son
argent, de demander un crédit. Il n’a jamais participé à une Assemblée
Générale, il pense qu’il n’y en a pas eu depuis décembre 2007, lors
de son adhésion. Une AG sert à informer les membres sur les projets de
l’IMF 1, les différents produits, ainsi que des points divers. Il ne sait
pas qui dirige l’IMF 1, peut-être un « DG ». Le rôle des élus
est de sélectionner les gens qui ont droit de prendre du crédit. Il a des élus
partout, ils connaissent les gens et peuvent identifier leur capacité par
rapport au crédit. Faible connaissance et
appropriation du système mutualiste L’IMF 1 traite bien ses membres, il est content
de sa relation avec elle et souhaite poursuivre cette relation, à travers le
crédit stockage, peut-être le crédit productif, le crédit commercial et peut
être le crédit investissement. Mais il a aussi pour objectif de se dégager du
crédit quand il le pourra. Perception positive de
l’IMF Betty Wampfler Montpellier SupAgro / MOISA Emmanuelle Bouquet CIRAD Emmanuelle.bouquet@... Eliane Ralison FOFIFA eralison@... -------------------------------------------------------------------------------------- Pour s'inscrire (ou
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