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----- Message transféré de anegui@... -----
    Date : Tue, 19 May 2009 19:27:27 +0200
     De : Audrey Negui <anegui@...>
Répondre à : Audrey Negui <anegui@...>
 Sujet : RE: BIM : Panorama des évolutions et enjeuxrécents sur le secteur
      À : espacefinance@...

Bonjour,

Existe-t-il un classement des IMF 'leaders', 'intermédiaires' et de dernier
niveau par pays ?

Merci par avance,

Audrey Négui
Chargée de développement
PlaNet Finance - Afrique de l'Ouest

anegui@...
Tel : +221 33.867.33.28
Fax: +221 33.867.03.53
Skype : audrey.negui
www.planetfinancegroup-as.org


-----Message d'origine-----
De : owner-espacefinance@...
[mailto:owner-espacefinance@...] De la part de polemicrofin
Envoyé : mardi 19 mai 2009 18:23
À : forumespacefin@...
Objet : BIM : Panorama des évolutions et enjeuxrécents sur le secteur

Bonjour,



La microfinance est-elle socialement responsable ? C’est le titre du dernier
numéro de la revue Tiers Monde sorti en mars 2009. Régulièrement cette revue
consacre un de ses numéros à la microfinance pour faire le point sur les
évolutions et enjeux du secteur (1996, 2002, 2009). Ce dernier numéro
s’inscrit dans un contexte de crise sans précédent du secteur financier où
les ménages pauvres et insolvables sont les premières victimes d’un système
qui cumule les dysfonctionnements. Comment, dans ce contexte de défiance
généralisée, la microfinance s’assure-t-elle de respecter ses propres «
fondamentaux » (proximité, connaissance des clients, simplicité des
produits, etc.)  pour limiter les dérives constatées dans le secteur
financier ? Pour alimenter cette question, le dossier est organisé en deux
parties : une première partie dresse l’état des lieux du secteur et ainsi
que les réflexions et expériences en cours centrées sur la double finalité
économique et sociale de la microfinance. Une seconde partie s’attache à
faire le point sur les analyses en termes de résultats de la microfinance
auprès des clients.

Le BIM d’aujourd’hui est une synthèse de l’article introductif de cette
revue, écrit par Anne-Claude Creusot et Christine Poursat, qui présente
l’évolution du secteur et les principaux enjeux en cours.

La revue peut être commandée auprès de l’éditeur Armand Colin à l’adresse
suivante : http://www.armand-colin.com/revues_num_info.php?idr=30
<http://www.armand-colin.com/revues_num_info.php?idr=30&idnum=330005>
&idnum=330005





I. La portée de la microfinance aujourd’hui

I. 1 Une croissance forte de l'offre, mais très inégale

Le nombre d'institutions de microfinance dans le monde est généralement
estimé à plus ou moins 10 000, même si à ce jour, aucune base de données
exhaustive ne permet d'avoir des chiffres précis[1]. En réalité, la plupart
de ces structures sont de très petite taille ; 70 % des IMF desservent moins
de 2 500 clients (Microcredit Summit, 2007).



Le secteur est très concentré

Les 100 IMF les plus importantes en termes de nombre de clients touchés,
soit 1% des IMF,  avec 44,2 millions d’emprunteurs, couvriraient plus du
tiers des emprunteurs actuels (Mix Market, 2007). Ce sont ces IMF qui
assurent l’essentiel de la croissance du secteur.

Si l'on regarde l'origine géographique de ces 100 plus grandes IMF, seule
une trentaine de pays est réellement concernée.

L’Asie à elle seule représente 85% du secteur. La forte densité de la
population et le faible développement du secteur bancaire expliquent en
partie l'extraordinaire essor de la microfinance dans cette région du monde.

La microfinance est devenue un investissement financier attractif

Les 100 IMF les plus performantes du point de vue de leur rentabilité ont
obtenu en 2006 un rendement moyen des actifs[2] de 14%, contre 2% pour le
secteur bancaire dans les mêmes pays. L'atteinte de tels niveaux de
rentabilité pose fondamentalement la question de l'éthique du secteur.
Lorsque des IMF deviennent rentables, les clients bénéficient-ils du fruit
de cette réussite à travers des baisses de taux notamment, ou est-ce réservé
aux investisseurs ?

Néanmoins, cette rentabilité alléchante ne correspond qu’aux premières IMF
du secteur, matures, structurées, financièrement viables. Ainsi, sur
l'ensemble des IMF transmettant leurs informations au Mix Market, la valeur
médiane du rendement des actifs n'est que de 0,9%, mettant en évidence
l'énorme fossé entre les IMF les plus performantes et la grande majorité des
institutions.

Si l’on analyse l’ensemble des IMF, selon leur taille, leur rentabilité et
plus globalement leurs perspectives de croissance et de viabilité trois
principales catégories d’institutions peuvent être distinguées[3].



1. Les IMF de premier niveau, souvent appelées « stars », « leaders » ou «
majors » du secteur (300 à 400 IMF, correspondant plus ou moins aux
institutions faisant partie de l'échantillon du Microfinance Banking
Bulletin).  Cette catégorie constitue l'essentiel de l'offre « visible » de
microfinance aujourd'hui. Ces IMF se caractérisent par leurs bons critères
de performances du point de vue de la portée, de la rentabilité, de la
qualité du portefeuille et/ou du management. Elles sont en mesure d'assurer
le financement de leur croissance par des financements d'origine privée ou
quasi-privée. Les investisseurs se bousculent pour les financer, ce qui peut
parfois créer un risque de surfinancement. Ces IMF illustrent parfois les
excès de la commercialisation de la microfinance, avec des objectifs de
rentabilité qui prennent le pas sur les exigences d’impact.



2. Les IMF intermédiaires (environ 1 500 IMF, dont la plupart reportent plus
ou moins régulièrement leurs informations financières au Mix Market) : Elles
se distinguent des premières par des résultats moindres en termes de
critères de performance - soit qu'elles bénéficient d'une maturité ou/et
d'une portée moins grandes, soit qu'elles se situent sur des marchés moins
porteurs. Il peut s'agir d'IMF relativement plus jeunes, non encore viables
financièrement, ou dont l’équilibre financier est encore fragile. Il peut
s’agir d'IMF déjà développées et assez anciennes, mais qui souffrent de
faiblesses en termes de structuration interne, de gouvernance ou de
positionnement de marché (système d'information défaillant, leadership et
gouvernance fragiles, offre de services peu attractive). Certaines IMF
peuvent au contraire être solides d’un point de vue organisationnel, mais
peiner à se rentabiliser en raison d’un marché difficile notamment dans
certaines zones rurales. Il peut s'agir encore d'IMF de type coopératif ou
participatif qui peinent à se refinancer de par leurs contraintes
statutaires (pas d’investissement en capital d’acteurs externes et
difficulté à respecter les ratios de solvabilité imposés par la
réglementation locale du fait de la faiblesse de leurs fonds propres). Ces
IMF ont en commun de faire preuve d'un certain professionnalisme mais avec
des besoins plus ou moins importants d'accompagnement et elles éprouvent des
difficultés à attirer de nouveaux financements externes pour assurer leur
croissance.



3. Les IMF de troisième niveau (environ 8 000 IMF, pour lesquelles peu
d'informations existent ) : c'est la catégorie la plus disparate et la plus
vaste. On y trouve des startups qui n'ont pas encore fait la preuve de leur
capacité à durer et à mener leur activité de manière professionnelle et  des
IMF plus ou moins formalisées, qui n'ont pas forcément vocation à croître.
Dans leur grande majorité, il s'agit d'IMF de petite taille (généralement
moins de 3000 clients), dont la capacité à se développer et se pérenniser
semble plus incertaine.



I.2 L’écart toujours considérable entre offre et demande

En 2007 et selon les estimations, la microfinance toucherait par le crédit,
entre 130 millions et 150 millions de personnes à travers le monde sur un
marché potentiel de l’ordre de 1,5 milliard de personnes (chiffre qui
correspond à 50% du nombre total estimé de personnes en âge de travailler
dans les pays en développement et exclues du système bancaire classique).
L'offre actuelle de microfinance ne couvrirait donc que 10% environ des
besoins potentiels en crédit.

Après avoir fait la preuve de sa rentabilité, la microfinance est
aujourd'hui confrontée à un  nouveau défi majeur, celui du changement
d'échelle et de la bancarisation de masse. S'il est avant tout quantitatif,
ce changement d'échelle est également nécessaire du point de vue de la
diversification des segments de clientèle et des zones géographiques
touchées (notamment les zones rurales, les petites et très petites
entreprises, les populations marginalisées).



II. Le financement du secteur : trop d’argent ou pas assez ?

II.1 Passer de 150 millions  à 1,5 milliards de clients : l’écart entre
besoins potentiels et offre de financement

Démultiplier la portée de la microfinance passe par un accès accru à des
financements mais aussi par l'existence d'institutions solides et variées,
en mesure d'absorber ces fonds et d'assurer de manière pérenne et équitable
la distribution de services financiers aux populations ciblées.

En termes financiers, la couverture d'un marché de 1,5 milliards de
personnes exigerait 280 milliards d'USD du point de vue strict des besoins
en crédits, hors appui aux structures de microfinance (assistance technique
et exploitation). En 2005, le montant du capital investi en microfinance
était estimé à 17 milliards de USD, soit un quinzième des besoins estimés.
L’écart à franchir reste donc considérable (SeepNetwork, 2006).



Le boom du financement

Les IMF ont diverses modalités de financement à leur disposition :
subventions, lignes de crédits directes ou accompagnées de fonds de
garanties, locales ou internationales, mobilisation de l’épargne,
investissement en fonds propres. Selon les pays, les modes de financement
varient : ainsi, les IMF indiennes se refinancent principalement par emprunt
domestique alors que les autres IMF asiatiques font davantage appel à
l’épargne et aux subventions ; en Afrique, de gros réseaux coopératifs
misent beaucoup plus sur l’épargne locale. On observe aussi, avec des
modalités diverses selon les continents, des partenariats avec les banques
commerciales.

En termes de volume, même si cela reste très en dessous des montants
nécessaires au changement d'échelle du secteur, le volume des
investissements en microfinance (financement de l'encours de crédit des IMF)
connait néanmoins aujourd’hui un boom sans précédent, passant de 17 à 25
milliards de USD entre 2005 et 2006 (Dieckmann, 2007).

Sur les 17 milliards de dollars d'encours de crédit, 75% étaient financés
par les marchés locaux (essentiellement sous forme d'épargne domestique et
d'emprunts sur le marché local), le solde (4 milliards) correspondant à des
investissements étrangers, sous forme de prêts (70%), d'appuis en fonds
propres (20%) et de garanties (10%).

Le financement local de la microfinance (épargne et levée de fonds sur les
marchés locaux) reste donc essentiel, quelle que soit la visibilité des
investisseurs européens et américains.



II.2 La stratégie actuelle des financeurs répond-elle aux besoins ?

Une multiplicité d’intervenants investissent aujourd’hui en microfinance,
secteur pendant longtemps tiré par les bailleurs de fonds bi- et
multilatéraux  - même si la première source de financement des IMF,
notamment en Afrique de l’Ouest à travers le mouvement coopératif, reste
l’épargne des clients eux-mêmes. L’investissement des acteurs privés est
croissant ; les investisseurs sociaux s’engagent dans le secteur ; c’est un
mouvement de fond, qui tend à s’accélérer.

Cette « bonne nouvelle » apparente est à nuancer par plusieurs constats :

-        Les financements, qu'ils soient publics ou privés, tendent à se
concentrer sur une minorité de pays et d’IMF, avec un risque de «
surfinancement » de certaines de ces dernières, tandis que la structuration
des IMF intermédiaires et de troisième niveau n’est pas assurée ;

-        Alors que de nouveaux financeurs apparaissent, et que les modes de
financement se font toujours plus complexes, la transparence et la
coordination des financements restent faibles, ce qui accroît les risques
d’effets pervers sur le marché, et de concurrence entre financements auprès
des mêmes institutions / pays ;

-        Pour se consolider, les IMF ont des besoins importants en
assistance technique. S’il n'existe pas de chiffre disponible sur les
volumes investis en assistance technique au secteur, il semble que ces
montants n'augmentent pas ou soit en diminution, en partie en raison de
l'évolution des modes d'intervention des financeurs publics en particulier.



III. Quelques enjeux de la prochaine décennie

III.1 Revenir aux fondamentaux : l'émergence et la consolidation d'un plus
grand nombre d’IMF

Les IMF leaders du marché concentrent aujourd’hui l'essentiel de l'offre et
des appuis au secteur. Mais elles vont rencontrer des limites dans leur
développement, ne serait-ce qu'en termes de saturation de marché ou de
gestion de leur croissance. Les ambitions de couverture de marché ne peuvent
donc pas reposer uniquement sur ces quelques institutions, peu nombreuses et
concentrées géographiquement. A l'opposé, la grande majorité des IMF dans le
monde, de très petite taille et ne présentant pas de garanties de viabilité,
contribueront de manière plus marginale au développement de l'offre.

Entre les deux, se situent des IMF intermédiaires potentiellement viables,
mais qui ont besoin d'appuis financiers et techniques pour consolider leur
activité et atteindre des échelles significatives. Or il est difficile
aujourd'hui pour ces IMF de trouver à financer de l'assistance technique et
d'accéder comme les IMF leaders, aux marchés financiers locaux ou
internationaux.



III.2 Développer une « éthique » de la microfinance

Cette question des performances sociales du secteur, est plus que jamais à
l’ordre du jour. Les financeurs s’y intéressent, mais aussi des IMF
soucieuses de démontrer leur avantage comparatif dans ce domaine. Au-delà de
la médiatisation du secteur et de ses revers, certaines dérives et le manque
de transparence sont à l’origine de nombre de controverses actuelles, dont
l’une des plus récurrentes concerne le niveau des taux d’intérêt appliqués
aux crédits. Les IMF « exploitent »- elles leurs clients, en imposant dans
certains cas des taux excessifs[4] ?

Plus de transparence sur les taux d’intérêt et les résultats financiers,
mais aussi sociaux des IMF est donc nécessaire pour prévenir une crise de
confiance généralisée envers le secteur. A titre d’exemple, les «
investisseurs sociaux » qui s’intéressent aujourd’hui à la microfinance,
peinent à clarifier leurs critères de sélection des IMF. Il existe des
instruments de « rating financier » des institutions développés par quatre
agences de notations essentiellement, qui portent sur des critères de
performances institutionnelles et financières[5]. Ces ratings aident les IMF
à situer leurs performances par rapport à leurs pairs, et offrent une
évaluation externe pour la prise de décision des investisseurs. Mais des
critères simples et appliqués par toutes les IMF, permettant de juger de
l’utilité sociale de ces dernières sont encore en cours de développement[6].
Les ratings sociaux se développent, portant essentiellement sur l’analyse
des processus mis en œuvre par les IMF, et la probabilité qui en découle
qu’elles puissent atteindre leur mission sociale.





III.3 Clarifier la « segmentation » des financeurs

La multiplication des acteurs de la microfinance au cours des dernières
années, en particulier l’implication de nouvelles catégories de financeurs,
ne permet pas d’avoir aujourd’hui une vision claire de la stratégie et de la
place respective de chacun. De l’avis de tous, peu d’études permettent
aujourd’hui de rendre compte de l’ampleur de l’investissement des
différentes catégories de financeurs. Cela résulte bien sûr de la
multiplicité de ces derniers, mais aussi d’un manque de transparence.



Se pose aussi la question de l’implication des bailleurs publics et de leur
place par rapport aux acteurs privés, d’autant que la frontière entre ces
deux catégories n’est pas étanche. Les bailleurs publics doivent-ils se
concentrer sur les segments plus innovants ou plus à risque, pour éviter d’
« évincer » les acteurs privés ?

Les IMF parvenues à maturité aujourd’hui se sont construites, dans une large
mesure, avec l’appui financier de bailleurs de fonds publics, bilatéraux ou
multilatéraux ; les plus-values, parfois mirobolantes des actionnaires
privés de ces IMF lors de ventes d’actions ou d’introductions en bourse
comme on a pu le voir avec Compartamos, font que les bailleurs publics
s’interrogent sur leur responsabilité, et sur les critères stratégiques à
définir pour les fonds intermédiaires et les IMF dans lesquels ils
investissent aujourd’hui.



Enfin, la place croissante d’investisseurs de nouveaux types - investisseurs
plus « commerciaux », introduction en bourse, achat d’actions par de petits
investisseurs sociaux du Nord via des sites Internet comme Kiva.org - a des
implications sur l’évolution de la gouvernance des IMF (et donc leur
orientation stratégique), qu’il est encore difficile de mesurer ou
d’anticiper. Quelle place restera-t-il aussi, à terme, pour les
investisseurs locaux ?



III.4 Innover, pour combler les « lacunes »

Pour mieux desservir les publics encore exclus par les IMF, beaucoup reste à
faire. On s’accorde en général pour affirmer que dans une majorité de cas,
le problème est que les IMF se heurtent à des difficultés de fond : risques
élevés (exemple des risques covariants en milieu rural), coûts de
transaction élevés – ne permettant pas la viabilité des IMF – ou encore
nécessité d’adapter fortement les services, par rapport à ceux maîtrisés
jusqu’à présent par les IMF.



Pour atteindre ces publics difficiles, il est donc nécessaire d’innover.
Aujourd’hui, plusieurs perspectives semblent intéressantes à creuser en ce
sens :



* L’adaptation, en milieu rural, de « modèles  participatifs », comme
les Self Help Groups en Inde , qui impressionnent par leur portée : dans
quelle mesure ces expériences permettent de toucher des zones rurales non
couvertes par la microfinance, en contribuant par la participation des
clients à réduire les coûts de transaction ? Comment faire évoluer les
initiatives passées pour surmonter leurs faiblesses, notamment en termes de
gouvernance, et les viabiliser à long terme ? Les difficultés de la
participation (fonctionnement démocratique dans des sociétés hiérarchisées,
besoins de formation auprès de populations faiblement éduquées, risques de
captation du pouvoir de décision, etc.) ne doivent pas non plus être sous
estimés.



* La faiblesse de la demande et la pauvreté des débouchés sont une
contrainte forte en zones rurales.  L’approche de la finance rurale par les
filières ou les « chaînes de valeur » offre de nouvelles perspectives de ce
point de vue mais peu d’expériences à grande échelle existent encore sur
cette approche. Elle passera par des innovations en termes de produits
(financement de filières rentables, avec des débouchés commerciaux bien
identifiés, combinés à des financement « de masse » pour les productions
plus classiques).



* L’enjeu des nouvelles technologies, moins pour développer de
nouveaux produits que pour améliorer la gestion des IMF (renforcer les
outils et le contrôle interne) et baisser leur coûts, et donc leur permettre
de toucher des zones rurales jusque là délaissées ; ou permettre de relier
des initiatives locales à des IMF (par exemple beaucoup de Self Help Groups
sont aujourd’hui trop isolés pour pouvoir se viabiliser). Là encore,
l’apport des nouvelles technologies ne doit pas en contre partie appauvrir
la relation entre les clients et les IMF.



* L’articulation des IMF avec d’autres domaines du développement, pour
renforcer l’impact de la microfinance – sans pour autant revenir aux modèles
déjà connus de développement intégré. Une piste d’actualité (parmi plusieurs
autres – liens avec éducation ou santé notamment), est celle du lien entre
microfinance et « safety nets » : la Fondation Ford, de grandes IMF
asiatiques (BRAC au Bangladesh), investissent sur des projets de «
bancarisation » progressive des populations les plus marginalisées : il
s’agit d’abord de construire les « actifs » de ces populations pour les
sortir d’une situation de vulnérabilité extrême, afin qu’elles puissent dans
un second temps accéder aux IMF directement.



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[1] Il existe trois principales sources de données sur les IMF dans le
monde, qui fonctionnement toutes les trois sur la base d'informations
fournies par les IMF elles-mêmes : le Microcredit Summit qui collecte les
informations de  près de 3 300 IMF de façon simplement déclarative, le Mix
Market qui se présente comme une plateforme globale d’échange d’informations
sur la microfinance et qui rassemble environ 1300 IMF et codifie la qualité
de l’information en fonction de la source des données, auditées ou non ;
enfin le Microfinance Banking Bulletin, sous-partie du Mix Market qui se
présente comme un dispositif de comparaison entre pairs (benchmarking) et
qui dispose d'un échantillon de près de 350 IMF en mesure de reporter des
données financières et de portefeuille plus précises  et de plus grande
qualité que celles de la base générale. Des recoupements existent entre la
base de données du Microcredit Summit et celle du Mix Market.

[2] Rapport entre le résultat net après impôts et le niveau moyen des actifs

[3] Typologie inspirée de Meehan, 2004 et généralement évoquée par le
secteur même si les définitions précises de ces trois catégories varient.



[4] Le niveau de fixation des taux d'intérêt dépend bien sûr du coût d'accès
aux ressources financières, du niveau de l'inflation et du coût de
distribution des crédits. Le niveau minimum requis est donc variable selon
le contexte, en particulier urbain ou rural.

[5] Ratings des agences Mcril en Inde, Microfinanzas en Italie, Microrate
aux Etats-Unis et PlanetRating en France.

[6] Voir les avancées en anglais sur le site de la « Social Performance Task
Force » :
http://www.microfinancegateway.org/resource_centers/socialperformance





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